Les cellules gliales plus nombreuses que nos neurones

Lorsqu’on évoque le cerveau on ne parle presque toujours que des neurones. Pourtant ils ne seraient rien sans leurs complices, qui les soutiennent, les stimulent, les nourrissent et les protègent : les cellules gliales. C’est ce qu’est venu plaider Yves Agid, neurologue, co-fondateur de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM), en ouverture de la 3e édition de S3Odéon (S3 pour « sciences santé société »). Sur la scène du théâtre de l’Odéon, devant une salle comble, il a ainsi, en sept minutes chrono, dressé le portrait de ces cellules fantastiques et méconnues.

 « On parlait du cerveau neuronal, il faut désormais parler du cerveau glial ! »

Les cellules gliales sont 150 milliards, soit plus nombreuses que les neurones dans le cerveau (moins de 100 milliards). Elles sont de trois types : la microglie, les cellules immunitaires qui assurent la défense du cerveau. Les oligodendrocytes qui entourent d’un manchon les fibres émettrices du neurone, pour accélérer la transmission électrique. Et enfin les astrocytes, ces super-cellules à tout faire, compagnes indispensables des neurones.

Contrairement aux neurones, les astrocytes n’ont pas d’activité électrique. « Elles sont muettes », explique Yves Agid. Ce qui expliquerait le peu d’engouement dont elles ont fait l’objet dans les neurosciences du 20e siècle. Pourtant, selon le neurologue, « si on regarde l’évolution, plus on en a, plus on est intelligent ! ». Et de citer la limace, qui n’a qu’une cellule gliale pour six neurones, alors que l’humain en a quasiment un pour un, selon les zones du cerveau.

Ces cellules servent à protéger le neurone, à le nourrir, à le nettoyer et dialogue avec lui via des neurotransmetteurs. Mieux, ajoute le chercheur, on découvre aujourd’hui qu’elles jouent un rôle jusque dans les comportements ! Dans les études chez l’animal, lorsqu’on modifie la biologie de ces cellules, on modifie des comportements aussi complexes que la mémoire !

Aussi, lorsqu’elles dysfonctionnent, ces cellules ignorées jouent un rôle dans les maladies du système nerveux et notamment les maladies neurodégénératives. Il y a donc un champ d’investigation considérable. Pour trouver de nouveaux traitements en agissant sur les neurones mais aussi les cellules gliales.

 

Elena Sender, Sciences & Avenir,12.10.2017

 

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/l-autre-partie-du-cerveau-yves-agid-presente-les-cellules-gliales-aussi-importantes-que-les-neurones_117211

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