L’internet d’aujourd’hui est-il condamné à l’oubli ?

À partir d’une enquête sur la disparition d’un prix Pulitzer de 34 pages, The Atlantic estime que «tout peut disparaître».

Un prix Pulitzer est pour un journaliste l’accomplissement d’une enquête longue de plusieurs mois, voire de plusieurs années. Une satisfaction personnelle inestimable et inoubliable. Pourtant, la succession d’articles de Kevin Vaughan, un journaliste du Rocky Mountain News, qui lui avaient valu cet honneur a un jour disparu d’internet. Son journal a fait faillite et le site a été fermé. Tout son travail s’est volatilisé. «Si un prix Pulitzer composé de plusieurs articles dans un des journaux les plus vieux du pays peut disparaître du web, tout peux disparaître», explique The Atlantic, qui raconte cette histoire.

Comment? De la même façon que les autres formes culturelles ont été perdues. L’article rappelle qu’il y a très peu de traces de la plupart des films réalisés aux États-Unis entre 1912 et 1929. «Et ce n’est pas parce que nous ne savions pas comment les préserver, c’est parce que nous ne pensions pas qu’ils avaient une valeur», a déclaré Abby Rumsey, un écrivain et historien numérique. Ce dernier reprend également l’exemple de l’imprimerie et les ouvrages imprimés dans les 100 premières années après sa création:

«Les gens pensaient que les livres n’avaient pas une grande valeur car ils étaient tellement capables d’imprimer rapidement et de les distribuer encore plus rapidement que tout semblait éphémère.»

Plus d’un milliard de sites en 2014

Vivrions-nous la même chose avec internet aujourd’hui? En 1994, il y avait moins de 3.000 sites en ligne. Vingt ans plus tard, il y en a plus d’un milliard. «Les historiens et les défenseurs du patrimoine numérique s’accordent sur un point: le web à ses débuts, le web d’aujourd’hui, sera sûrement perdu», analyse The Atlantic. L’article indique cependant qu’internet dispose de sa «bibliothèque d’Alexandrie»: internet Archive. Un organisme qui sauvegarde des centaines de pages «comme des fossiles numériques».

 «Tant de choses disparaissent»

Son créateur, Brewster Kahle, indiquait lors d’un forum en 2004 (enregistré sur internet Archive) que «toute la production créative de l’humanité peut maintenant se trouver sur des ordinateurs. Et l’internet peut faire en sorte que tout le monde puisse accéder à cela». Jason Scott, un archiviste et un historien d’Internet Archive, rappelle que même la bibliothèque d’Alexandrie a fini par être détruite avec ses documents:

«Des milliers de choses utiles disparaissent en silence. Au fur et à mesure que le temps passe, j’ai de moins en moins d’espoir.»

En attendant, après un travail de plusieurs mois, Kevin Vaughan a été capable de republier l’enquête lui valant son prix Pulitzer sur internet.

 

Christophe-Cécil Garnier — 15.10.2015 –

http://www.slate.fr/story/108367/internet-finir-bibliotheque-alexandrie

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