Nous ne serons jamais immortels! Tant mieux !

La longévité humaine a-t-elle une limite ? Probablement, estime une étude menée par la faculté de médecine Albert Einstein de New York. Selon les résultats de ce travail de recherche, il y aurait un « plafond » à l’âge maximum des humains, et nous l’aurions déjà atteint…

Qu’est-ce qui explique ce plafond ? Probablement le désir de vivre plus longtemps et l’illusion de conserver sa jeunesse malgré le temps qui passe. Vouloir vivre plus permet de vivre plus, mais les effets qui accompagnent ce phénomène est ce qui en constitue même la limite.

Ne pas vouloir vieillir nous précipite vers la mort

D’un côté, nous vivons davantage, d’un autre nos conditions du vie font baisser notre espérance de vie (pollution, mauvaise alimentation, tabagies, addictions, stress). Nous sommes dans un paradoxe, désirant – pour certains – revenir à un mode de vie ressemblant à une époque où l’on vivait moins, afin de vivre mieux et plus, et – pour d’autres – désirant avancer selon un progrès censé rendre notre vie plus confortable, nous faire gagner des années de vie, mais dont les effets indésirables et pathogènes font parfois chuter notre moyenne.

Tous ces maux nosocomiaux liés à cette manie de ne pas vouloir vieillir semblent parfois nous précipiter vers la mort. Autrement dit, nous vivons plus, mais mourons de l’effet des artifices qui prolongent notre durée de vie. Et surtout, nous crevons de la laideur qu’ils engendrent. Et c’est cette complexité qui semble aussi définir le seuil de notre espérance de vie.

Appliquer spontanément les principes de Sénèque

Au fond, ce qui nous importe est notre propre durée et celle de nos proches. Aussi celle de nos ennemis, que nous voulons la plus courte possible. Les êtres humains qui vivent le plus sont ceux qui ne font pas dans l’acharnement existentiel. Je crois qu’ils ne mettent rien de particulier en place pour éviter de vieillir, et qu’ils n’ont même pas l’idée de le faire.

Ils doivent appliquer spontanément les principes de Sénèque sans avoir eu besoin de le lire : comme le démontre le Stoïcien dans « De la brièveté de la vie », la vie n’est courte que si l’on perd son temps à des activités vaines et vaniteuses. Celui qui prend le temps de vivre, serein devant la mort, se donne sans le savoir toutes les chances de faire de vieux os.

Vivre très longtemps, c’est un bol lié à des conditions de vies favorables, genre un peu en altitude, air frais, huile d’olive et activité saine. Certains naissent dans ces milieux, d’autres quasiment dans le métro. C’est en partie une question de chance. Je pense que ceux qui vivent vieux ne font rien pour se rendre éternels et, au fur et à mesure que le temps passe, deviennent de plus en plus sereins face à la mort. Ils pensent la mort, ça doit la tenir à distance.

Alors, éternel ? Non, c’est trop dangereux pour la santé !

Cf Francis Métivier, philosophe, 9.10.2016
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1565011-nous-ne-serons-jamais-immortels-tant-mieux-c-est-trop-dangereux-pour-la-sante.html

Georges Vignaux

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A propos georgesvignaux

Directeur de recherche honoraire au Centre national de la recherche scientifique, Paris. Docteur d'Etat en linguistique et sciences cognitives (Paris7) Directeur de programmes en langage et cognition et nouvelles technologies de communication Chevalier dans l'Ordre national du Mérite

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