Intelligence artificielle, immortalité : science ou science-fiction ?

Les lois sur le retour accéléré et la singularité, défendues par Raymond Kurzweil, « futurologue » de Google, présagent un futur où l’intelligence artificielle sera toute puissante, et l’humain, immortel.

Et si des films comme Terminator ou Blade Runner n’étaient pas de la fiction, mais une vision du futur de l’humanité ? Certains scientifiques comme l’astrophysicien Stephen Hawking, ou encore, le milliardaire et ancien patron de Microsoft, Bill Gates, le craignent. L’objet de leur inquiétude : la croissance infinie de l’intelligence artificielle, qui pourrait déposséder l’humain de la maîtrise de son destin. Un phénomène nommé « Singularité », et sur lequel se base Raymond Kurzweil, le « futurologue » de Google. Cet ingénieur a par ailleurs postulé la « loi du retour accéléré », selon laquelle l’humanité ferait des progrès de plus en plus rapidement, au point d’atteindre l’immortalité avant 2050.

Les prémonitions de Raymond Kurzweil

Raymond Kurzweil est connu comme le « pape » du transhumanisme. Ce courant de pensée encourage le rapprochement entre les nanotechnologies, la biologie, l’informatique et les sciences cognitives (NBIC). Son but : atteindre l’immortalité en inventant un « homme 2.0. », résistant aux maladies, et dont les capacités cognitives peuvent être transférées sur une machine. L’humain ne serait donc plus limité à une enveloppe corporelle vouée à se dégrader. À la fin de Lucy (2014), le carton de Luc Besson, Scarlett Johansson, qui a ingéré tout le savoir de l’humanité, se transforme ainsi en clé USB pour léguer ses connaissances. Dans Avatar (2009), un soldat handicapé se déplace mentalement grâce à un avatar contrôlé par la pensée.

Selon le « futurologue » de Google, cette dématérialisation de l’homme sera permise par le « mind-uploading », qui verrait le jour d’ici moins de trente ans. L’idée ? Télécharger et implanter l’esprit d’une personne dans un ordinateur ou un hologramme. Un moyen de rester auprès de ses proches même après la mort, et donc, d’être immortel. Dans le film Transcendance (2014), la femme d’un scientifique assassiné « télécharge » l’esprit de son époux dans un ordinateur surpuissant, qui contrôle tous les réseaux liés à Internet.

Raymond Kurzweil et ses nombreux soutiens croient dur comme fer que les progrès technologiques y parviendront, s’appuyant sur la loi du retour accélérée, stipulée par le premier en 2005 dans l’ouvrage Humanité 2.0. La Bible du changement.

L’intelligence artificielle devrait ainsi progresser de manière exponentielle. C’est également ce qu’affirme Raymond Kurzweil, se basant sur le principe de « Singularité », émis dans les années 1950. Celui-ci stipule que l’intelligence artificielle finira par dépasser l’intelligence humaine. Dans le film I, Robot (2004), Will Smith fait face à une intelligence artificielle surpuissante, qui contrôle une armée de robots. Ces derniers effectuent également de nombreux métiers autrefois assurés par les humains.

Des applications existent déjà

On pourrait croire que tout cela est de l’ordre de la science-fiction, mais la rencontre entre l’homme et la machine a déjà lieu. À ce jour, des greffes robotiques ont été pratiquées, comme dans la série Robocop. En 2014, un homme amputé s’est fait greffer deux bras bioniques équipés de neurotransmetteurs, qu’il peut donc commander depuis son cerveau. Une première.

Par ailleurs, des centaines d’hommes et femmes, scientifiques ou capitaines d’industrie passionnés, œuvrent déjà en ce sens au sein de groupes de réflexion ou en finançant des projets de recherche. C’est le cas de Martine Rothblatt, femme la plus riche des États-Unis. Fervente activiste pro-transhumanisme, elle a fait construire un robot à l’effigie de son épouse, qui contient des centaines d’heures d’entretiens réalisés avec elle, afin d’imiter au mieux sa personnalité.

De son côté, Google soutient la Singular University, université dirigée par Raymond Kurzweil, où sont formés les spécialistes des NBIC, et a racheté plusieurs entreprises de robotique. Fin 2014, la firme américaine a annoncé vouloir fabriquer des robots personnalisables grâce à une base de données, et s’adaptant aux réactions de leur interlocuteur. Au Japon, les modèles Nao et Pepper en sont déjà capables. Sebastian Thrun, co-fondateur de Google Street View, estime qu’il sera tout à fait possible de transférer notre personnalité sur une machine.

A voir aussi : http://www.rtl.fr/culture/web-high-tech/intelligence-artificielle-immortalite-quand-la-science-rejoint-la-science-fiction-7778971390

 Georges Vignaux

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A propos georgesvignaux

Directeur de recherche honoraire au Centre national de la recherche scientifique, Paris. Docteur d'Etat en linguistique et sciences cognitives (Paris7) Directeur de programmes en langage et cognition et nouvelles technologies de communication Chevalier dans l'Ordre national du Mérite

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