Le transhumanisme ?

Le transhumanisme est un mouvement intellectuel qui prône l’amélioration des caractéristiques physiques et mentales des êtres humains grâce à la science et à la technique. Les transhumanistes considèrent certains aspects de la condition humaine indésirables et cherchent dans le transhumanisme un moyen d’y mettre fin (handicap, souffrance, maladie, vieillissement, mort).

Initialement, l’humaniste cherche à exploiter la raison, la science et la technologie afin de contrer la pauvreté, la maladie, le handicap et l’insuffisance alimentaire dans le monde. Le transhumaniste, lui, porte son intérêt à l’application des techniques pour l’amélioration du corps humain, à la qualité du vivant en général, à l’élimination des barrières congénitales du physique et du mental.

Les philosophes transhumanistes pensent qu’il existe un impératif éthique de perfectionnisme: les hommes s’efforcent au progrès et à l’amélioration de leur condition. Ils soutiennent également qu’il est souhaitable que l’humanité entre dans une ère transhumaine, où les humains auront le contrôle de leur évolution.

« Le transhumanisme est une classe de philosophies ayant pour but de nous guider vers une condition posthumaine. Le transhumanisme partage de nombreuses valeurs avec l’humanisme parmi lesquelles un respect de la raison et de la science, un attachement au progrès et une grande considération pour l’existence humaine (ou transhumaine) dans cette vie. […] Le transhumanisme diffère de l’humanisme en ce qu’il reconnaît et anticipe les changements radicaux de la nature et des possibilités de nos vies provoqués par diverses sciences et techniques […]. » (Max More)

 
Pour modifier le corps ils s’appuient sur différentes sciences et techniques :
Nanotechnologie : ensemble des études et des procédés de fabrication et de manipulation de structures électroniques et chimiques à l’échelle du nanomètre.
Biotechnologie : application des principes scientifiques et de l’ingénierie à la transformation de matériaux par des agents biologiques (mariage entre la science des êtres vivants et la microbiologie, la biochimie, la biophysique, la génétique, l’informatique…).
Techniques de l’information et de la communication : techniques utilisées dans le traitement et la transmission des informations, principalement de l’informatique, de l’internet et des télécommunications.
Science cognitive : ensemble de disciplines scientifiques dédiées à la description, l’explication des mécanismes de la pensée humaine, animale ou artificielle (perception, intelligence, langage, raisonnement, conscience).
•    Intelligence artificielle forte : recherche de moyens susceptibles de doter les systèmes informatiques de capacités intellectuelles comparables à celles des êtres humains.

Les transhumanistes s’appuient sur différentes disciplines :

  • Bioéthique : normes morales applicables aux sciences du vivant et proposant certaines règles et certaines postures face à d’éventuels dilemmes.
    Futurologie : élaboration de différents scénarios possibles de l’avenir à partir de données technologiques, économiques ou sociales du passé et du présent ainsi que des techniques et des modèles scientifiques.
    Nanoéthique : étude et développement des techniques mettant en œuvre des procédés nanométriques impliquant à la fois des aspect chimiques, physique et biologiques et notamment modifier à l’échelle de l’atome (nanotechnologies).
    Roboéthique : éthique appliquée à la robotique, utilisée pour guider la conception, la construction et l’utilisation des robots.

Il existe plusieurs sous-catégories de courant de pensées dans le transhumanisme. Par exemple les Extropiens qui récusent l’entropie (le désordre va toujours croissant), inéluctable processus qui conduit l’univers à sa désagrégation, et annoncent l’avènement imminent d’une nouvelle espèce. Ou les  partisans de la Singularité, telle qu’énoncée par Ray Kurzweil. L’informaticien et futurologue anticipe l’avènement imminent d’une super-intelligence qui rendra celle des hommes obsolètes. D’après lui, nous sommes à la veille d’un saut technologique reposant sur la croissance exponentielle de la puissance de calcul des ordinateurs. «La Singularité, écrit-il, est une période future où le rythme des changements technologiques sera si rapide et son impact si profond que la vie humaine sera transformée de manière irréversible.»

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Pour les transhumanistes, la transhumanité n’est qu’un état de transition vers une posthumanité qui serait, pour eux, la finalité de leurs recherches et qui se caractérise par l’intégration achevée des technologies transhumaines. Ils prônent l’avènement d’une posthumanité radicale, pouvant s’installer progressivement, ou surgir très rapidement par le biais d’une singularité technologique.

Pour certains, la transhumanité serait le salut de l’espèce humaine, l’évolution inéluctable de l’homme, la façon de corriger toutes les imperfections du corps humain. Pour d’autres, ce serait plutôt un facteur de l’accroissement des inégalités entre les populations, une façon de nier l’humain, d’éteindre notre espèce en ne créant que des hybrides dépourvues de conscience…

Passage de l’homme au post-humain

Lorsque l’on parle de transhumanisme on parle d’homme augmenté, d’homme bionique, de transhumain, de posthumain…

Qu’est-ce qu’un homme augmenté ? Augmenter leurs performances a toujours été un sujet de recherche pour les hommes. A la préhistoire, l’homme était augmenté par sa lance qui lui permettait de tuer à distance. De nos jours, nous sommes augmentés : par nos téléphones qui nous permettent de communiquer à distance, internet qui nous permet de trouver des informations n’importe où, notre voiture qui augmente notre vitesse de déplacement… Le numérique nous permet de repousser encore les limites de la condition humaine avec les recherches faites sur l’homme bionique.

Qu’est-ce que l’homme bionique ? L’homme bionique, c’est l’utilisation d’éléments cybernétiques pour remplacer des membres malades ou amputés ou bien pour améliorer les caractéristiques physiques ou mentales de l’humain.

A l’origine, des recherches ont été  menées sur l’intégration de la technologie dans le corps humain pour compenser un handicap. Par exemple, l’implant cochléaire permet aux sourds d’entendre à nouveau : un micro fixé derrière leur oreille capte les sons et les transforme en signaux. Un transmetteur, placé sous la peau transforme à son tour ces signaux en impulsions électriques et les transmet directement dans les nerfs du cerveau. Mais rapidement l’ambition de « réparer l’homme » est devenu celle «  d’augmenter l’homme ».

Qu’est-ce qu’un transhumain ? Un posthumain ? Les posthumains sont le but des transhumanistes : l’homme du futur qui se façonnera lui-même grâce à la technologie. Être résistant à la maladie et imperméable à l’âge ; avoir une jeunesse et vigueur éternelle ; exercer un contrôle sur ses propres désirs, ses humeurs et ses états mentaux ; être capable d’éviter des sentiments de fatigue, de haine, ou d’énervement pour des choses insignifiantes ; avoir une capacité accrue pour le plaisir, l’amour, l’appréciation de l’art, et la sérénité ; expérimenter de nouveaux états de conscience que les cerveaux humains actuels ne peuvent atteindre. Les Post-humains pourront être de complètes intelligences artificielles, ou bien des téléchargements améliorés ou encore le résultat d’améliorations bien plus petites mais cumulativement importantes de l’humain biologique. Les premières représentations du post-humain sont directement tirées de l’imaginaire de la science-fiction, notamment du cyberpunk, où apparaissent des humains « connectés », surchargés de prothèses en tout genre, mi-hommes, mi-machines.
Le terme « Transhumain » se réfère à un état intermédiaire entre l’humain et le Post-humain. Diminutif pour « Humain de Transition » il désigne la première manifestation de nouvelles évolutions de l’être humain par la technologie.

État de l’art : Aujourd’hui où en est-on ?

De nombreuses recherches  sont menées et abouties sur des façons de réparer l’homme grâce à la technique et à la science. Maintenant de plus en plus de recherches visent à augmenter l’homme en intégrant directement dans son corps des éléments cybernétiques. En parallèle à tout cela des théoriciens et des chercheurs étudient des utopies transhumanistes:

Pratiques couramment utilisées

Certaines pratiques transhumanistes sont déjà parmi nous. Actuellement la plupart ont pour but de réparer l’humain : on créé des jambes et des bras articulés pour les personnes amputées, on rend l’ouïe à des sourds grâce a des implants cochléaires, on aide leur cœur à battre avec des pacemakers, on rend la vue avec des yeux bioniques (minuscule caméra placée dans l’orbite et reliée au nerf optique)… De telles prothèses sont déjà plus ou moins couramment utilisées mais elles ne sont qu’au début de leur évolution et d’autres recherches sont en cours pour les rendre plus efficaces.

Recherches et expérimentation visant à augmenter les capacités humaines :

Des recherches sont également menées sur le développement des micro-générateurs qui permettent de récupérer de l’énergie dans le corps humain pour alimenter les prothèses (utilisé aujourd’hui seulement pour les pacemakers).

Voir l’exemple de lentilles de contact bioniques :

Cette lentille bionique permettrait à terme d’accéder à ses e-mails, voir la météo, faire un zoom sur un objet… Toutes ces informations seraient visibles en sur-impression sur la vision normale.

L’homme n’est pas encore prêt à se sectionner volontairement un membre sain pour le remplacer par son équivalent bionique afin d’améliorer ses performances, les scientifiques font donc des recherches sur des technologies d’amélioration bioniques amovibles en parallèle de recherches sur les yeux bioniques.

Utopies

Si aujourd’hui ces prothèses nous paraissent révolutionnaires, les transhumanistes visent une modification du corps encore plus radicale laissant une très large place aux éléments cybernétiques, imaginant parfois même des scénarios sur la dématérialisation du corps et la mise en ligne de la conscience. Elles sont fortement inspirées et ont inspiré la science fiction et le mouvement cyberpunk et sont très variables selon ceux qui les imaginent.

Par exemple, l’uploading est le thème du livre la Cité des permutants, de l’Australien Greg Egan, qui imagine qu’il sera un jour possible de simuler son cerveau sur un ordinateur pour le faire vivre dans un monde virtuel pour l’éternité. On retrouve ce principe dans les films Avatar et Matrix, mais l’uploading est aussi le sujet de recherche de chercheurs sur l’intelligence artificielle comme par exemple Marvin Minsky ou Hans Moravec, l’un des concepteurs de la robotique intelligente.

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Un chercheur et millionnaire russe, Dmitri Itskov, a lancé des recherches ayant pour but de réussir à désincarner nos esprits conscients et à les télécharger vers un hologramme – un avatar – d’ici à 2045 et d’ainsi atteindre l’immortalité en supprimant les contraintes physiques présentées par notre corps biologique. L’idée est de désincarner l’esprit humain afin d’arriver à un corps futuriste : tout d’abord un robot humanoïde (cyborg) entièrement contrôlé par un cerveau humain par l’intermédiaire d’une interface cerveau-machine, puis le cerveau humain conscient est téléchargé (sans la matière grise bien sûr) vers un ordinateur, on sera toujours capable d’utiliser ce corps bionique, et enfin un hologramme qui contient une pleine conscience humaine.

Qui sont les acteurs du transhumanisme ?

Le mouvement transhumaniste est un vaste réseau, plus ou moins actif, plus ou moins dense, décomposé en sous-groupes idéologiques s’affranchissant des logiques hiérarchiques.  Des personnes de niveaux sociaux, de professions, de cultures très différentes en font partie. Mais qui sont donc les acteurs du transhumanisme ? Et comment pense le trans-humaniste à l’heure de l’hyper-science, du consumérisme individualiste et de l’économie de marché mondialisé ?

 

Localisation géographique des principaux acteurs du transhumanisme

Le transhumanisme (« dépassement de l’imparfaite espèce humaine par une cyber-humanité » (Jean Pierre Dupuy, philosophes des sciences)) se retrouve principalement dans les pays occidentaux les plus industrialisés. La Silicon Valley est l’un des pôles géographiques les plus réceptifs aux discours sur le posthumain (le transhumanisme étant né en Californie, là où Gregory Bateson, père de la cyberculture, conduisit des recherches associant la cybernétique aux sciences sociales).

Selon une étude (présence sur Internet, recherches scientifiques menées…) du site sens-public.org la Chine, le Japon, l’Inde ou encore le continent africain sont, pour l’instant, très faiblement réactifs à ce mouvement. Cela est en partie lié à la culture mais également au niveau de développement d’un pays.

Parmi ces pays du « Nord » occidentaux, les pays anglo-saxons (plus particulièrement les États-Unis, le Royaume Uni et les pays du Commonwealth) sont très actifs.  Dans d’autres pays développés, l’actualité du transhumanisme est parfois reléguée au plan de « fantasmes infantiles voir dangereux ».

Ainsi donc les critères de la culture et du développement influent sur le développement du transhumanisme. Soulignons pourtant qu’avec internet comme vecteur de communication, le critère géographique n’est pas déterminant en soi : le transhumanisme est une idéologie « déterritorialisée ».

Quels types de personnes forment le mouvement transhumaniste ? Quelle est leur profession ? Leur niveau social ?

Le transhumanisme est constitué d’une base sociologique hétéroclite : il touche des personnes venant de milieux très différents. Ils sont susceptibles d’être appréhendés en plusieurs catégories :

  • les leaders : ce sont des universitaires, des chercheurs indépendants, généralement des scientifiques mais également des théoriciens. (par exemple Marc Roux…). Ce sont eux qui structurent le mouvement transhumaniste en publiant des essais, ouvrant des débats sur le sujet et faisant avancer les recherches pour passer de la fiction à la réalité.
  • les auditeurs (public varié) :
    • nerds, geeks et cyberpunks : ce sont des personnes passionnées par des sujets liés aux sciences (notamment les mathématiques, la physique et la logique) et aux techniques. Ce sont généralement des utopistes qui nourrissent l’imaginaire trans-humaniste.
    • Cybercitoyens : citoyens curieux du mouvement et du message relayé, se tenant informé des avancés transhumanistes et véhiculant leurs messages.
    • Les personnes implantées : personnes faisant appel au transhumanisme, afin de contrer leur handicap par exemple, et qui permettent de faire avancer les recherches en portant les premières prothèses bioniques (bras robotiser…). Elles contribuent également a faire entrer l’utilisation de certaines pratiques transhumanistes dans les mœurs (pacemaker, implants cochléaires…).
  • Les personnes apportant les fonds nécessaires aux recherches : appartenant à des horizons très différents, leur rôle de mécène permettent l’avancement des recherches. Leurs motivations peuvent être diverses :
    • Particuliers richissimes : certaines personnes extrêmement riches financent les recherches sur le transhumanisme soit par passion pour le mouvement soit par intérêt personnel, comme par exemple la quête de l’immortalité pour le millionnaire russe Dmitri Itskov.
    • L’armée : voyant dans le transhumanisme un moyen d’augmenter la puissance de son pays et d’être plus à même d’en protéger les citoyens, l’armée finance des recherches sur l’inclusion de la technologie dans leurs stratégies militaires. De plus les pays développés se mesurent les uns les autres sur le plan de l’avancée technologique : chaque pays cherche à avoir le plus de cartes en main pour une meilleure protection. Enfin les prothèses bioniques apparaissent comme un bon moyen de guérir des anciens soldats, victime de la guerre (mines, blessures par éclats d’obus…).
    • Entreprises et grandes filiales : conscientes de l’ampleur que prend petit à petit le transhumanisme, les grands groupes industriels participent aux recherches sur les augmentations bioniques et produisent également les éléments nécessaires aux augmentations bioniques afin de garder la tête du marché : une entreprise qui n’innove pas, c’est une entreprise qui coule !
  • L’état : il joue un rôle de modérateur entre les différents acteurs du transhumanisme en faisant passer, après de long débats, des lois visant à éviter les dérives liées au transhumanisme (loi contre les manipulation génétiques humaine comme le clonage par exemple). Ce rôle est pour l’instant mineur mais tendra surement à ce développer dans les années à venir.  « L’État français n’a pas compris l’impact d’Internet, ni de la génomique et il reste aveugle concernant les NBIC, une synergie qui va entraîner une révolution du vivant, porteuse de croissance » (Laurent Alexandre, généticien).

On voit donc que les acteurs du transhumanisme viennent de tous horizons, mais que leur parcours universitaire, leur profession, leur tournure d’esprit leurs donnent un rôle différent dans le mouvement. Le transhumanisme se targue d’être un mouvement égalitaire, mais ces rôles dans le mouvement ne définissent-il pas une hiérarchie ?

Hiérarchie parmi les acteurs du transhumanisme

Malgré leur volonté d’égalité, il existe une hiérarchie chez les transhumanistes, mais elle ne s’apparente pas à la configuration établie dans une entreprise (selon les salaires, les degrés de compétences, les réseaux…).  A la légitimité de la domination légale (« reposant sur la croyance en la légalité des règlements arrêtés et du droit de donner des directives qu’ont ceux qui sont appelés à exercer la domination par ces moyens » (Max Weber)) ils ont préféré une hiérarchie reposant sur le charisme, l’intellect, les idées de la personne (l’intelligence est à la fois la vertu, la valeur centrale et le but des transhumanistes). « Le leader transhumaniste n’est pas le porteur de bonne parole ou le techno-prophète que l’on suit aveuglément, mais celui qui porte une vision jugée pertinente et novatrice sur la technique et dans laquelle d’autres membres se reconnaissent – ou non – à un moment donné. »  (sens-public.org)

La hiérarchie ne tient pas compte du niveau politique ou social d’une personne mais plutôt de son implication dans le mouvement (même si les leaders font régulièrement parti des milieux intellectuels et artistiques universitaires grâce auxquels, au fil des conférences et des publications, ils ont pu asseoir leur autorité « raisonnable).

Innovation très controversée :
Extraits des arguments des partis

L’ambition d’augmenter les capacités de l’homme en intégrant à leur corps des éléments cybernétiques ouvre la porte à de nombreuses controverses, débats, doutes, peurs…

L’intégration de la technologie à notre corps déploierait certes incroyablement nos capacités.  Non seulement elle permettrait de remplacer des membres absents et des organes morts, mais pourquoi pas également d’augmenter la capacité de notre cerveau, de contrôler des objets à distance avec de simples pensées, d’uploader notre conscience ou d’allonger notre durée de vie en remplaçant nos organes vitaux par des organes bioniques ? Mais si tout cela devient possible, les hommes bioniques n’ouvrent-ils pas la porte à de nombreux problèmes ?  Inégalités entre humanité et transhumanité ?  Perte de notre qualité d’humain avec la suppression des inconvénients qui y sont liés ? Manipulation d’autrui ? Armes-humaines ?…

Les recherches sur l’homme bionique ouvrent un débat sur l’avenir de l’humanité où s’opposent transhumanistes et « bioconservateurs » ou «néo-luddistes ».

Arguments pour

  • Devenir le maître de son évolution : Les transhumanistes pensent qu’il faut prendre en main son destin en modifiant à notre convenance notre condition d’humain pour mieux vivre et s’adapter.

« L’homme ne naît pas homme, il le devient. » (Érasme)

  • Se libérer de sa condition d’humain et repousser nos limites pour une vie meilleure : Enfermé par les inconvénients dus à notre condition, le transhumanisme pourrait nous en libérer en repoussant les limites : libérer l’homme de la maladie, de la faim, de la misère…
  • Repousser notre fin : la peur de la mort et le désir d’immortalité ont toujours été des sujets très présents dans les préoccupations humaines (idée d’une vie après la mort niant toute fin…) et, pour les transhumanistes, la technologie nous permettrait de repousser ces échéances voir de totalement les supprimer.

« Plutôt transhumains que morts! » (Slogan transhumaniste du XXIème siècle)

  • L’évolution transhumaniste a déjà commencé : Certains pensent que la sélection naturelle serait orientée et même supprimée par le transhumanisme mais pour les transhumanistes la sélection naturelle, chez les humains n’existe déjà plus puisque l’homme social est protégé de son environnement (la société assure la viabilité d’individus qui, jadis, auraient été éliminés par la sélection naturelle).

«Ce n’est déjà plus dans un environnement « naturel » que se produit la sélection, mais dans des environnements totalement transformés par eux-mêmes. Le transhumanisme est déjà une réalité, tous les actes médicaux de renforcement de nos bio-capacités en relèvent. La pilule contraceptive est du transhumanisme : il s’agit de choisir quand avoir ou ne pas avoir un enfant. La vaccination est de l’augmentation, puisqu’on vous injecte plus d’anticorps que vous en n’avez. La question n’est donc pas de savoir si on est contre la modification de nos caractéristiques biologiques, puisqu’on le fait depuis déjà longtemps. La question est de savoir s’il y a des limites à fixer et qui les fixe. » (Laurent Alexandre, Chirurgien et neurobiologiste)

« Nous pensons que la perspective transhumaniste n’est qu’une poursuite de la logique médicale que les humains ont toujours cherché à promouvoir. Pour quelles raisons devrions-nous nous interdire l’augmentation dans la mesure où elle nous permet d’améliorer ce que nous souhaitons ? » (Marc Roux, Président de l’Association française transhumaniste)

  • Chacun est libre de vouloir intégrer ou non l’évolution transhumaniste :

« Que la plupart des habitants de la planète n’aient pas commencé à réaliser cette possibilité, c’est une évidence. Que la très grande majorité de ceux qui ont commencé à la percevoir réagissent d’abord en se refusant à assumer cette responsabilité et les risques qui y sont inhérents, c’est bien compréhensible. Mais au nom de quoi, au juste, ces majorités pourraient justifier de l’interdire à ceux qui souhaitent s’avancer dans une des voies transhumanistes tant que leurs expérimentations ne mettent évidemment pas en cause la liberté ou la sécurité d’autrui ? » (Marc roux, Président de l’Association française transhumaniste).

  • Changement de la mentalité : Les limites que nous discernons maintenant risquent de ne pas être les même dans 10, 20, 40 ans puisque les mentalités changent.

« Tout ce qui semblait impensable hier, devient désirable demain. La greffe cardiaque était considérée comme juste impensable dans les années 50 — c’était Frankenstein —, aujourd’hui ça semble tout à fait banal et on fait des greffes de visage. » (Laurent Alexandre, Chirurgien et neurobiologiste).

  • Nous devons nous adapter dans un monde qui change :

« L’humain est «inadapté» au monde contemporain » (Nick Borstrom) « l’amélioration de la condition humaine nécessite d’abord une modification du corps par les technologies. On retrouve chez les transhumanistes cette défiance de la chair qui irrigue toute la cyberculture» (Jean-Claude Guillebaud)

Arguments contre

  • Juste un caprice lié à la fatigue d’être soi :

« La technolâtrie est le symptôme de cette fatigue d’être soi, diagnostiquée par les sociologues depuis Alvin Toffler dans les sociétés hypertechnologisées. Plus nous nous sentirons impuissants et déprimés, plus nous serons tentés de nous tourner vers les machines. Les néolluddistes pensent qu’ils faut remettre en cause la société et nom l’Homme.

  • Mépris de la chair : Le transhumanisme idolâtre la technologie et ne voit le corps que comme une accumulation de faiblesses qu’il faut améliorer voir supprimer.
  • Surenchère technologique : Le transhumanisme ouvre la porte à une guerre technologique, les pays et particuliers voudrons se surpasser et se modifierons de plus en plus pour rapidement basculer dans un excès préjudiciable.
  • L’homme qui se prend pour Dieu : Modifier son propre corps c’est aller contre les lois de la nature (et pour certains de Dieu), briser l’équilibre naturel entre les espèces, tomber dans une surestime de nos capacités à nous modifier qui provoquera notre fin. Les néoluddistes désignent le transhumanisme comme un « bricolage de la vie ». Par exemple une déclaration du Vatican de 2002, intitulée « Communion et service, les personnes humaines créées à l’image de Dieu » stipule que « changer l’identité génétique de l’homme, en tant que personne humaine, par la production d’un être infra-humain est radicalement immoral » ajoutant que « la création d’un surhomme ou d’un être spirituel supérieur » est « impensable» puisque la véritable amélioration ne peut survenir que par l’expérience religieuse.
  • Le technopouvoir entre multinationales de la high-tech et philanthropreneurs : Le transhumanisme modifierait profondément la société en créant de nouvelles inégalités. Les multinationales de la high-tech et les philanthropreneurs (personnes voulant effectuer des changements positifs dans le mondes (soulager la souffrance…), mais qui le font pour leur profit (les contributions sont des investissements plutôt que des dons) verraient dans le transhumanisme une incroyable mine d’or et un moyen d’asservir la population en créant de nouveaux besoins et une dépendance à ces extensions bioniques. Le pouvoir tomberait entre les mains des personnes les plus augmentées et celles des entreprises fabriquant de telles extensions.
  • Modifier notre corps remet en jeux notre qualité d’homme : Est-ce seulement notre capacité à raisonner qui nous caractérise comme humain ? Pour les néoluddistes, abandonner, à plus ou moins long terme, nos sensations, nos imperfections, nos faiblesses aboutirait à faire de nous autre chose (une machine, un monstre…) et à abandonner notre qualité d’humain au nom d’une utopique recherche de perfection.

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« Modifier scientifiquement l’être humain, ce n’est pas agir comme sur un objet, c’est détruire l’être humain et créer quelque chose d’autre à la place. Il faudrait peut-être réapprendre à souffrir notre condition, au lieu de la fuir sans cesse : avoir faim, froid, éprouver de la fatigue après un effort physique ou intellectuel, cela n’a jamais tué personne. »

  • Inégalité entre humanité et transhumanité : la modification du corps ne serait accessible que par les plus riches ce qui augmentera les inégalités entre une humanité  trouvant difficilement de quoi se nourrir et une transhumanité augmenté prenant les rênes du pouvoir.

« J’aimerais aussi souligner l’aspect complètement antidémocratique du Transhumanisme. La partie de la population qui n’arrive pas à se nourrir, qu’est-ce que ça va lui apporter de savoir qu’une autre partie peut se payer des compléments artificiels de vie ? Avons-nous envie d’arriver à une société qui oppose deux types d’hommes, qui créé elle-même les inégalités qui jusque-là étaient mises sur le compte du hasard, de la nature ? Ne sauvons pas la Terre, sauvons l’homme : ou plutôt non, sauvons les hommes qui en ont les moyens, ça sera déjà ça. »

  • Armes humaines : Les sciences et technologies, anciennes ou nouvelles, ont permis à l’homme de faire de grands bonds dans l’histoire; cependant toutes les fois où elles n’ont pas été soumises à une conscience, éthique solide et humaine, elles ont été les outils destructeurs les plus puissants. Le transhumanisme risque d’être au service de la guerre en ouvrant la porte à des supers soldats et à des armes humaines.
  • L’économie du besoin vital : Nous créons, de par l’emploi de ces technologies, de nouveaux besoins vitaux qu’il faudra satisfaire par l’emploi de denrées hautement sophistiqués (médicaments couteux empêchant le rejet des organes artificiels, des prothèses…) Ce besoin risque d’enchaîner les utilisateurs aux industries qui fourniront ces produits car là où nous pouvons décider du jour au lendemain de cultiver un lopin de terre pour nous nourrir, nous ne serons jamais en mesure de produire les nouvelles denrées désormais nécessaire à notre survie.  Ces principes laisseraient la place à une aliénation, une emprise démesurée des entreprises mercantiles sur la vie même de l’homme.
  • Disparition de certaines capacités avec l’apparition de nouvelles :
    « Il est assez simpliste de penser que l’hypertrophie d’une capacité humaine, prise isolément, n’entraînerait jamais une atrophie d’une autre capacité. »

Axel Khan par exemple, insiste sur le danger du choix d’un tri génétique qui effacerait la souplesse d’adaptation inhérente à l’évolution. Les conditions de vie nous sont inconnues pour l’avenir ; amoindrir les possibilités de modification naturelles par l’éradication de gènes considérés aujourd’hui nuisibles pourrait s’avérer désastreux. Par exemple, supprimer les gènes favorisant l’obésité. Si la famine devait s’installer dans le futur, ils seraient très utiles pour emmagasiner des graisses de subsistance, comme ils l’ont fait jusqu’à l’industrialisation alimentaire.

Voilà les principaux arguments pour et contre le transhumanisme mais il en existe bien d’autre, dont ceux de personnes prônant la prudence et le contrôle d’une telle évolution. L’évolution transhumaniste peut être bénéfique mais pour cela il faut la contrôler. Mais contrôler une telle évolution est-il possible ?

Cf https://iatranshumanisme.com/a-propos/transhumanisme/le-transhumanisme-ce-qui-est-possible-est-il-toujours-souhaitable/

Georges Vignaux

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