Quel avenir pour la théorie sociologique ?

Fort d’une riche carrière de sociologue, Jacques Coenen-Huther dresse ici un bilan intellectuel de sa discipline. La sociologie n’est pas une science, affirme-t-il mais, comme l’histoire, c’est une discipline. Par là, il faut comprendre que les sociologues ne peuvent et ne pourront jamais espérer mettre au jour des lois de fonctionnement et d’évolution des sociétés. Néanmoins, la sociologie peut se prévaloir d’acquis importants. Depuis sa naissance, il y a de cela plus d’un siècle, elle a créé de nombreux outils (comme les notions de processus, de système et de forme) et produit des grilles d’analyses fécondes, dont les plus usitées demeurent à l’heure actuelle l’individualisme et le holisme méthodologiques. Mais le temps de ces paradigmes a passé. Les débats qui les accompagnent, entravent aujourd’hui le progrès de nos connaissances. Pour redonner un nouvel éclat à la théorie sociologique, Jacques Coenen-Huther propose de dépasser ces deux options pour féconder une sociologie relationnelle, autrement dit une sociologie qui prenne la relation entre les individus, les groupes comme unité d’analyse élémentaire. En adoptant une telle posture, le défi majeur à relever consiste à savoir passer des observations situées à un point de vue général et abstrait, à défaut duquel aucune théorie d’ensemble n’est envisageable. L’ouvrage mérite le détour : il offre un tableau à la fois informé et engagé.

* Jacques Coenen-Huther, Quel avenir pour la théorie sociologique ? L’Harmattan, 2015.

Cf Clément Lefranc, Sciences Humaines, 09/11/2015

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Georges Vignaux

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