Du mythe au mythe rationnel : 20. La technologie peut-elle chasser la pauvreté ? (2)

 

Les propos de Kentaro Toyama que nous évoquions précédemment. ont suscité de nombreuses réactions dans le dossier qu’y consacrait La Boston Review. [1]

L’utopie technologique ?

Ainsi Evgeny Morozov, dans son blog [2] : “Les promesses non tenues des technologies du passé dérangent rarement les partisans les plus fervents des nouveautés les plus à la pointe, qui estiment que leur outil est véritablement différent de tous ceux qui les ont précédés. Et parce que la croyance populaire dans la première puissance mondiale économique qu’est la technologie est souvent basée sur des mythes plutôt que des données recueillies avec soin ou une évaluation rigoureuse, il est facile de voir pourquoi l’utopisme technologique est si omniprésent : les mythes, à la différence des théories scientifiques, sont à l’abri de la preuve.”

Au lieu d’analyser les échecs passés des gadgets d’hier, les innovateurs passionnés sont déjà en train d’essayer les technologies qui seront cool demain, explique Evgeny Morozov. Mais si l’utopie technologique persiste, comment se protéger de son influence pernicieuse ?

Pour répondre à cela, souligne le chercheur, nous devons évaluer si les effets visibles, à court terme, sont en réalité bénéfiques et nous devons effectuer les mêmes tests sur les effets invisibles, à long terme, et les effets non intentionnels. “Il est inévitable que, dans de nombreux cas, les effets à long terme et imprévus seront socialement nocifs, nécessitant des interventions. […] nous avons besoin de passer moins de temps à penser la solution proposée (la technologie) et plus de temps à théoriser le problème que nous essayons de régler”.

Les machines peuvent-elles aider à apprendre ?

La réponse de Nicholas Negroponte, le fondateur du projet OLPC était attendue, puisque Kentaro Toyama attaquait de front le projet. “En 2004, quand j’ai lancé OLPC, j’ai dit que posséder un ordinateur portable connecté contribuerait à éliminer la pauvreté par l’éducation, en particulier pour les 70 millions d’enfants qui n’ont pas accès à une école”, réaffirme Nicholas Negroponte. “Je le crois encore. Mais ce que j’ai appris depuis, avec deux millions d’ordinateurs portables déployés sur 40 pays, c’est que la réduction de l’isolement est un problème encore plus grand, et cet objectif sera atteint grâce à la technologie et seulement avec la technologie.”

“Kentaro Toyama vient au mauvais endroit, littéralement et métaphoriquement”, rajoute Negroponte. “Lorsque vous voyez employé l’acronyme TIC (technologies d’information et de communication), vous pouvez être sûr qu’elle reflète un état d’esprit, celui d’une époque où les ordinateurs n’étaient vus que comme des outils de productivité, utilisés principalement par les entreprises et les gouvernements”.

Mais “qualifier indifféremment les ordinateurs, les fusils et la télévision de technologies équivalentes est au mieux naïf”, ironise Negroponte, car les ordinateurs sont différents : “Ils sont constructivistes”. Vous pouvez les programmer et pas seulement les utiliser à des fins particulières. “Considérez-les comme un milieu d’apprentissage, par opposition à un milieu d’enseignement. Cela signifie littéralement que l’ordinateur apprend et que vous (l’enfant) lui enseignez, car la meilleure façon d’apprendre quelque chose est de l’enseigner. La rédaction d’un programme d’ordinateur est le moyen le plus direct pour enseigner le fonctionnement d’un ordinateur. […] Et ce processus d’apprentissage est le plus proche qu’un enfant puisse avoir pour lui permettre de comprendre comment apprendre et apprendre à apprendre.”
L’expérience de l’OLPC montre que “les enfants ne sont pas seulement des objets de l’enseignement, mais les agents du changement. Beaucoup de nos enfants apprennent à leurs parents à lire et à écrire. Et je n’ai pas de meilleure histoire à raconter.”

“Comment pouvez-vous éliminer la pauvreté ? La réponse est simple : l’éducation !”, clame Negroponte. “Comment pouvez-vous fournir une éducation ? La réponse est moins simple. Il faut plus que l’école, en particulier dans des pays comme le Nigeria ou le Pakistan, où 50% des enfants ne la fréquentent pas. C’est pour cela qu’OLPC s’appuie sur les enfants eux-mêmes, explique son promoteur, en faisant de leur vie, 24h sur 24h, le milieu de l’apprentissage, pour un coût total d’un dollar par semaine (qui comprend l’achat, la maintenance et la connexion des ordinateurs).”
Et Negroponte de résumer l’argument de Toyama : “La technologie […] magnifie les intentions et les capacités de l’homme. Elle n’est pas un substitut, dit Toyama. Mais magnifier est un mot amusant. Imaginez que je prenne une petite fille de 5 ans d’une quelconque partie rurale de l’Inde et que je la laisse à Paris pour un an. Elle parlera le français avant la fin de l’année. Est-ce que Paris magnifie sa connaissance du français ? Non. Il lui offre le potentiel pour apprendre la langue, comme le ferait un ordinateur.”

Le besoin d’intermédiaires

L’entrepreneur Nathan Eagle, de son côté, partage pleinement l’avis de Kentaro Toyama, mais il préfère s’appesantir sur les succès que sur les échecs des technologies. Il raconte que travaillant dans un hôpital de Kilifi au Kenya, il a mis au point un système simple d’usage pour prévenir par SMS la banque de sang centrale du niveau des stocks pour réapprovisionner plus vite les hôpitaux de campagne en cas de besoin. Après une période de succès, il s’est rendu compte que le flux de SMS quotidien s’était tari, tout simplement parce que l’envoi de SMS coûtait trop cher aux infirmières rurales, qui en supportaient la charge. La solution pour que le flux reprenne était simple : faire que le système intègre une indemnisation immédiate.

Nathan Eagle affirme croire au potentiel de la mobilité distribuée et massive, comme le montre la startup qu’il a lancée sur ce créneau, TxtEagle, une plateforme d’échange de SMS financiers intégrés dans les systèmes de facturation de quelques 230 opérateurs mobiles africains. Pour autant, Eagle estime que Kentaro Toyama a raison : oui, la technologie est une loupe sur la capacité de l’homme. “Nous ne pouvons pas mettre cette technologie dans les mains d’un illettré ou d’une femme isolée de la Chine rurale et attendre qu’elle gagne une nouvelle indépendance économique.” Le plus souvent, il faut passer par des intermédiaires éduqués et alphabétisés pour accompagner le développement des usages.

Les technologies créent-elles de la richesse ?

Pour Christine Zhenwei Qiang, économiste à la banque mondiale, Toyama ignore trop rapidement l’abondante littérature qui montre que la technologie pour le développement ne produit pas que des effets décevants : “Les progrès technologiques rapides dans les pays en développement ont contribué à accroître les revenus et réduire le niveau de pauvreté absolue de 29 % en 1990 à 18 % en 2004.”

Les pays en développement qui n’adoptent pas les TIC risquent surtout de passer à côté des gains économiques les plus importants à long terme, prévient-elle. Pourtant, le fait que les TIC puissent avoir un impact sur le développement ne signifie pas qu’ils sont une panacée, rajoute-t-elle. La diffusion des technologies en soi ne va pas mettre fin à la pauvreté mondiale.

L’impact sur le développement économique

Le scepticisme de Kentaro Toyama est justifié et bienvenu explique la sociologue Jenny C. Aker (site). Pourtant, en essayant de briser le mythe que les TIC seraient une panacée pour le développement, Toyama oublie de regarder ce qui marche, notamment le téléphone mobile, utilisé par plus de 2,5 milliards de personnes dans les pays en développement.
Or, rappelle la chercheuse, plusieurs études montrent la corrélation positive entre l’infrastructure de télécommunications et la croissance du PIB. Le développement des TIC a donc un impact sur le développement – et notamment sur l’économie informelle ( Cf. le rapport d’Annie Chéneau-Loquay sur les modes d’appropriation innovants du téléphone mobile en Afrique). [3]

Pourtant, le taux de pauvreté a parfois considérablement augmenté, comme c’est le cas au Niger, en parallèle avec la croissance rapide de l’infrastructure mobile. Cela signifie-t-il que les TIC ne parviennent pas à sauver le Niger, questionne Jenny C. Aker ? Les deux éléments sont-ils liés ? “Nous ne savons pas ce qui serait arrivé de la pauvreté au Niger, sans téléphones portables”, répond-elle. Mais surtout, le PIB n’est certainement pas une bonne métrique pour mesurer l’impact des TIC. Des études économiques en Inde, au Niger, en Ouganda, en Afrique du Sud, au Malawi suggèrent que les téléphones mobiles ne conduisent pas nécessairement directement à la croissance du PIB, mais permettent d’améliorer le bien-être.[…] Des études sociologiques en Ouganda indiquent que les téléphones mobiles ont des répercussions complexes. Toyoma cite ainsi une étude montrant que les téléphones portables ont un impact négatif sur les relations entre sexes, mais la même étude a également montré que les modèles de partage du téléphone mobile conduisaient à un accès préférentiel pour certains groupes défavorisés, comme ceux qui sont en mauvaise santé.”

« Contrairement à de nombreuses technologies, les téléphones mobiles ont des usages multiples, qui peuvent se traduire par de multiples avantages économiques et sociaux. Deuxièmement, ces avantages sont souvent tangibles et immédiats.

Troisièmement, les téléphones mobiles (au moins pour certaines opérations) sont simples à utiliser, et peuvent être maîtrisés rapidement. Quatrièmement, le coût du service peut être partagé. Cinquièmement, les téléphones peuvent être adaptés aux contextes locaux et culturellement appropriés. Et enfin, contrairement aux autres systèmes, le système de distribution de téléphonie mobile s’étend dans les zones urbaines comme dans les zones rurales.

« La plupart des autres technologies ne seront pas en mesure de reproduire ces traits, mais comprendre pourquoi les gens ont adapté les téléphones mobiles si largement pourrait aider les concepteurs d’autres technologies (comme les semences améliorées génétiquement, les moustiquaires antipaludisme…) à mieux les adapter aux besoins. Essayons de comprendre pourquoi ce “gadget flambant neuf” est si populaire. Ce sera la clé du développement.”

Les échecs sont liés au fait qu’ils ne répondent pas aux préoccupations des gens

Le passage à l’échelle n’est pas un mythe, explique Ignacio Mas de la Fondation Bill et Melinda Gates, pas plus que les vertus des technologies, rappelle-t-il en soulignant le rôle joué par la médecine ou l’agriculture. “Plus de routes rurales ne garantissent pas que les agriculteurs pourraient vendre plus de produits. Une éducation pour leurs enfants ne veut pas dire qu’il y aura de bons emplois pour eux quand ils quitteront l’école. Un ordinateur ou un télécentre dans un village ne garantit pas que les entrepreneurs locaux trouveront plus de solutions à leurs problèmes urgents. Toutes ces initiatives de développement sont bénéfiques, mais leur impact se fera sentir que lorsque suffisamment d’entre eux seront entreprises au même moment.”

Et Ignacio Mas d’évoquer le succès de M-Pesa au Kenya, ce système de transfert d’argent par mobile, toujours cité en exemple, qui totalise plus de transfert que la Western Union au niveau mondial. “Pourquoi M-Pesa marche ? […] M-Pesa correspond à un usage que tout le monde peut comprendre, il est disponible partout, les nouveaux entrants sont accompagnés par leurs proches et Safaricom a su créer de la confiance dans le système, estime Ignacio Mas. Aucun de ces facteurs n’est lié à la technologie. La plupart des projets de développement échouent parce qu’ils ne répondent pas de manière adéquate aux préoccupations des gens. […] La force de M-Pesa repose sur le temps réel et la confiance dans le système qui fait que les sommes créditées sont immédiatement reportées. C’est bien là la principale promesse des TIC : “de donner aux gens la bonne information, ici et maintenant. Et cette promesse-là ouvre des possibilités immenses”.
“Les projets basés sur les TIC ont souvent des effets d’entraînement importants, et disposent d’avantages qui vont au-delà des objectifs spécifiques de l’intervention. Les Kenyans qui utilisent M-Pesa sont mieux préparés à d’autres services bancaires, voire à d’autres services mobiles qui n’ont rien à voir avec la finance.”

L’efficacité des technologies dépend du contexte dans lequel elles sont déployées

Pour Archon Fung, professeur de politiques publiques à Harvard, dans la Silicon Valley également le taux d’échec est élevé, ce qui ne doit pas empêcher quelques inventeurs de continuer à améliorer le bien-être de l’homme. Certes, les technologies ne font qu’amplifier les motivations des gens, mais on ne comprend les intentions des gens que quand les technologies sont déployées.

Bien que la motivation et la capacité des gens soient sans doute nécessaires pour que les technologies délivrent leurs promesses, l’efficacité (c’est-à-dire faire qu’une technologie aide à accomplir certains objectifs de développement) est peut-être l’élément à prendre le plus en considération. Quels sont les problèmes que les télécentres ou les ordinateurs portables sont censés résoudre et comment sont-ils censés les résoudre ? Les TIC peuvent fournir de nouvelles informations, faciliter la communication… Ces contributions sont utiles dans un certain nombre de scénarios, mais pas dans tous. Dans un environnement de faible technologie, les TIC ne contribueront pas à labourer les champs ou à trouver de l’eau potable.

Le second aspect de l’efficacité repose sur ce qui doit être en place pour résoudre des problèmes sociaux. “Les téléphones mobiles peuvent aider les agriculteurs lorsque l’information de marché est la pièce manquante et que les autres (l’eau, les sols, la sureté des routes conduisant aux marchés) est en place.” La technologie n’est qu’une pièce d’un plus large puzzle. » Pourtant, reconnaît Fung, la technologie a effectivement, comme le souligne Toyama, tendance à bénéficier aux plus riches. “Toute technologie particulière n’est qu’un élément d’une solution potentielle à un problème de développement économique ou politique. Nous devons nous assurer que d’autres éléments sont en place avant d’investir toute notre foi dans les TIC.”

Investir dans l’homme plus que dans l’outil

Ces critiques n’ont pas beaucoup modifié l’avis de Toyama ; au contraire, elles l’ont conforté dans son point de vue. Dans sa réponse, il creuse encore la question.

Est-ce qu’une meilleure conception de la technologie est salutaire ? Bien sûr, admet Toyama. Trop souvent, les “contes” du développement international reposent en fait sur “des tracteurs qui rouillent ou des équipements hospitaliers qui ne sont pas appropriés à leur contexte”. La technologie la mieux conçue pour l’éducation par exemple, aura un impact minime sur l’éducation, là où il n’y a pas d’école par défaut. A nouveau, les technologies servent d’abord les intérêts des plus riches, des plus qualifiés pour les utiliser…

Les ordinateurs peuvent être bénéfiques dans les bonnes écoles, mais peuvent-ils avoir un effet là où les écoles sont mal gérées et les enseignants absents ? Les téléphones mobiles peuvent-ils avoir un effet sur la santé si l’infrastructure médicale est inexistante ? Sur ce point, Toyama reste en désaccord avec Negroponte, mais peut-être parce qu’il a mal écouté les remarques de ce dernier. Les ordinateurs n’ont pas pour vocation de remplacer l’éducation en tant que telle, mais de permettre aux enfants d’apprendre autrement. On entend la même remarque des promoteurs de solutions de santé mobile là où il n’y a rien : c’est un moyen d’amener un bout de réponse, quand toutes les autres sont tout aussi difficiles à apporter.

Mark Warschauer, professeur à l’université de Californie, disait : “L’introduction des technologies de l’information et de la communication… dans les écoles sert surtout à amplifier les formes d’inégalité existantes. (…) parce que l’accent mis sur la fourniture d’équipement détourne l’attention d’autres ressources importantes”. Leigh Linden, un économiste qui a dirigé des études sur les ordinateurs introduits dans les écoles indiennes et colombiennes, a conclu que les ordinateurs se substituent mal aux enseignants. “Mettre en oeuvre un programme de déploiement d’ordinateurs à grande échelle a peu d’effets sur les résultats scolaires, notamment parce que les enseignants intègrent mal les ordinateurs dans leurs programmes”.

Là où Toyama a raison, c’est que bien souvent on projette la technologie pour qu’elle ait le plus d’impact là où les institutions humaines sont les moins fiables, là où elles manquent le plus (que ce soit les organisations comme les normes sociales) et par conséquent, c’est souvent là que le potentiel de la technologie est le plus limité.
Toyama ne nie pas que la technologie puisse avoir des effets positifs. Pour autant, insiste-t-il : “Les riches et les puissants profitent régulièrement de la technologie.” Quand Jenny C. Aker décrit les avantages des téléphones mobiles pour l’alphabétisation des adultes au Niger, son étude signale que cette intervention a accompagné un programme d’alphabétisation intensif de huit mois menés par une ONG, souligne Toyama. “Nous ne devons pas conclure de l’expérience d’Aker que les téléphones mobiles ont permis d’améliorer l’alphabétisation ; mais plutôt que les téléphones mobiles ont aidé un programme d’alphabétisation efficace à faire mieux. »

Malgré le nombre élevé de téléphones mobiles dans le monde, la demande à grande échelle ne constitue pas la preuve d’une valeur pour la société, rappelle Kentaro Toyama. Certes, les téléphones mobiles, dans certains contextes, ont accru l’efficacité économique, mais avec des effets qui demeurent limités.

“Si la technologie guérit tous les maux sociaux, alors nous pourrions avoir l’espoir que l’âge d’or de l’innovation d’un pays technologiquement avancé comme les Etats-Unis, comme c’est le cas actuellement, aurait fait disparaitre la pauvreté. Or, en parallèle de l’essor des nouvelles technologies de ces dernières décennies, le taux de pauvreté aux Etats-Unis a stagné autour de 13 %, demeurant honteusement élevé pour l’un des pays les riches du monde.” Soit les Américains – et les technologies – n’ont pas pour priorité de réduire la pauvreté, soit la meilleure technologie possible n’y peut rien. Il ne faut donc pas s’étonner que des pays ayant beaucoup moins de capacité que nous aient du mal à en tirer parti, estime le chercheur. “La technologie n’est qu’un outil, son impact dépend de comment il est utilisé. Si l’outil ne construit pas une maison meilleure, peut-être que nous devrions investir davantage dans le charpentier.”

[1] Hubert Guillaud, Internet Actu, 25/11/10.
[2] http://neteffect.foreignpolicy.com/
[3] Le rapport intitulé « Modes d’appropriation innovants du téléphone mobile en Afrique » est édité par le ministère des Affaires étrangères et européennes français (MAEE) et l’Union Internationale des Télécommunications (UIT). Il a été rédigé par Mme Annie Chéneau- Loquay, directrice de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) dans le cadre de la coopération entre le MAEE et l’UIT. (ITU-D : ICT Applications and Cybersecurity Division : ICT Applications).

Georges Vignaux

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A propos georgesvignaux

Directeur de recherche honoraire au Centre national de la recherche scientifique, Paris. Docteur d'Etat en linguistique et sciences cognitives (Paris7) Directeur de programmes en langage et cognition et nouvelles technologies de communication Chevalier dans l'Ordre national du Mérite

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