Du mythe au mythe rationnel : 17. Le mythe du progrès (selon Bouveresse, Wittgenstein et von Wright)

Le philosophe Jacques Bouveresse avait abordé la question du progrès dans une conférence prononcée à l’Institut finlandais, lors d’un colloque consacré au philosophe Georg Henrik von Wright. Conférence d’autant précieuse qu’il y ouvrait la réflexion sur le degré de pertinence du concept de progrès, voire sur son caractère « mythologique ».*

Selon Georg Henrik von Wright, « une croissance économique continue est une condition de la résolution des problèmes qu’une production industrielle intensifiée et rationalisée crée elle-même[1] Il faut ainsi toujours plus de croissance pour résoudre les problèmes que pose la croissance, notamment en matière de dégâts infligés à l’environnement et d’aggravation de la pauvreté. Les partisans de l’ultralibéralisme en matière économique soutiennent qu’il faut que les pays riches deviennent encore plus riches pour que les pays pauvres aient (peut-être) une chance de devenir un peu moins pauvres. Mais, en plus du fait que l’on peut s’estimer en droit d’exiger tout de même un peu plus en matière d’égalité et de justice, il faut réellement avoir la foi pour croire à ce qu’ils nous promettent. En réalité, la question posée n’est pas celle du progrès, mais celle de savoir quoi faire de lui.

Un esprit critique pourrait conclure que le but réel du progrès, s’il y en a un, est enfin devenu clair : tout se passe comme s’il n’était rien d’autre que la continuation du progrès lui-même. Mais qu’est-ce au juste que cette chose qu’on appelle le progrès ? Sous quelle forme se montre-t-il ?

En fait de progrès, nous ne percevons jamais que des mouvements qui s’effectuent dans tous les sens et de plus en plus vite, mais aucun mouvement qui corresponde à l’idée qu’on se fait du progrès. Victor Hugo disait : « Le pas collectif du genre humain est le progrès. Le progrès marche. » C’est bien, du reste, ce que suggère le mot, aussi bien en français qu’en allemand. Mais, pour Kraus, dans tout ce qui aujourd’hui marche ou plutôt court, le progrès est bien la seule chose dont on ne puisse pas dire qu’elle marche. Ce n’est pas le but poursuivi qui justifie la vitesse et l’accélération en toutes choses, qui constituent aujourd’hui les symboles par excellence du progrès, ce sont elles qui constituent désormais le but.
Karl Kraus [2] soulignait que le moyen semble avoir pris définitivement le pas sur la fin. Mais si le progrès ne réside plus que dans les moyens, qui ont effectivement tendance à augmenter sans cesse, il n’est pas surprenant qu’on le rencontre à chaque pas, avec le sentiment de rencontrer en réalité à chaque fois autre chose que lui. L’impression qui en résulte, c’est que le progrès est partout et que pourtant sa figure ne peut être reconnue nulle part. Il n’y a, comme le dit Kraus, aucun moyen de lui échapper, puisque tout ce qui se fait aujourd’hui de nouveau dans nos sociétés et même tout ce qui se fait simplement est placé sous le signe du progrès, mais les figures sous lesquelles il se présente à nous ne sont plus que des déguisements qui le rendent méconnaissable.

Le progrès, nous dit de son côté, von Wright, est clairement un mot chargé de valeur. Il se distingue en cela de concepts parents comme « changement » et « croissance » – ou encore «évolution » –, qui peuvent être traités comme purement fondés sur des faits. Que l’état d’une chose représente un progrès par rapport à un autre état ne peut être établi par des arguments scientifiques ou bien à partir des faits touchant la chose en question. [3] Si ce que dit von Wright est juste, il en résulte trois conséquences importantes. 1) La notion de progrès est nécessairement affectée du même genre de subjectivité que celle de la valeur en général. 2) Même si le progrès peut comporter un aspect objectif et même factuel, la réalité qu’il possède pour l’être humain dépend toujours d’un acte d’évaluation qui lui incombe. Si les machines pouvaient non seulement transmettre, mais également remplacer la pensée, il dépendrait toujours encore de la pensée de considérer ou de ne pas considérer cela comme une amélioration. 3) Quand la réalité du progrès devient trop incertaine, l’idée du progrès est remplacée par l’un ou l’autre de ses substituts objectivement saisissables et même, de préférence, quantifiables, comme par exemple celui du développement ou de la croissance. Dans les discussions actuelles, cette ambiguïté est constante. Quelqu’un demande où l’on peut rencontrer le progrès : on lui désigne alors une chose quelconque qui, effectivement, progresse, autrement dit, augmente.

Musil, qui est un défenseur de la modernité scientifique et de l’héritage des Lumières, observe que le problème actuel, dans le domaine de la culture, n’est pas que nous ne progressons pas ou pas suffisamment, mais plutôt que, tout en étant convaincu que les choses progressent de façon tout à fait réelle, chacun a tendance à considérer que les autres ne font pas tout à fait ce que l’on est en droit d’attendre d’eux. « Ce pessimisme culturel aux dépens des autres est, écrit-il, aujourd’hui un phénomène largement répandu. Il est dans une contradiction étrange avec la force et l’adresse qui sont développées partout dans le détail. L’impression que donne notre époque est tout bonnement qu’un géant qui mange et boit énormément et fait une quantité prodigieuse de choses ne veut rien savoir de cela et se déclare en état de faiblesse et de dégoût de tout, comme une jeune fille fatiguée par sa propre anémie. » [4]

Musil dit que notre époque crée des merveilles, mais ne les « sent » plus. Ne se pourrait-il pas également que le progrès soit réel et que nous soyons simplement devenus incapables de le percevoir? C’est une question à laquelle il est difficile de répondre, justement parce que personne n’est en mesure de déterminer le rapport qui peut exister entre une somme de progrès qui peuvent être, dans certains cas, mesurés objectivement et une réalité, présumée, elle aussi, objective, que l’on pourrait appeler le progrès tout court.

Les critiques du progrès

Dans La Science et la raison (1987), von Wright avait remis en question certaines de nos croyances contemporaines, en particulier la croyance au progrès, et rappelé, d’une part, que l’espèce humaine est soumise à la même loi de précarité que les autres espèces et que rien ne permet d’affirmer qu’elle ne disparaîtra pas prochainement, par exemple dans une guerre nucléaire, d’autre part, que rien ne garantit que la forme industrielle de production soit biologiquement adaptée à l’être humain ni que celui-ci soit encore capable de s’adapter à un environnement qu’il a contribué à transformer et continue à transformer de façon aussi spectaculaire et aussi rapide. Ces deux idées pourraient donner l’impression de relever du simple bon sens, mais elles n’en ont pas moins suscité des réactions négatives surprenantes de la part de tous ceux, scientifiques, économistes, politiciens, intellectuels, qui partagent une conviction commune, que l’on peut appeler « la croyance dans la croissance économique illimitée ». Ce qui confirme l’idée de Kraus que, même si on ne sait pas ce qu’est le progrès, tout le monde est plus que jamais tenu de croire qu’une chose au moins est sûre, à savoir que nous progressons, que nous pouvons le faire de façon illimitée et que l’obligation de continuer à le faire est une sorte d’impératif catégorique pour les sociétés contemporaines.

Quand il s’interroge sur le type de lecteurs qui seraient susceptibles d’apprécier les idées qu’il a développées, von Wright suggère prudemment deux groupes, qu’il appelle celui des «conservateurs de la valeur » et celui des « intellectuels de gauche », dont il constate, qu’il semble déjà moribond. La question qui se pose est de savoir qui sont aujourd’hui les intellectuels de gauche. Doit-on encore appeler « intellectuels de gauche » des gens qui, s’ils sont plus sensibles que d’autres aux coûts sociaux et humains du progrès, et aux injustices et aux phénomènes d’exclusion qu’il engendre, n’en continuent pas moins de croire à la nécessité du progrès par la croissance économique illimitée et se contentent d’exiger que les fruits de la croissance soient répartis de façon un peu plus équitable ? Sur ce point, l’attitude des sociaux-démocrates d’aujourd’hui et des intellectuels qui les soutiennent n’est pas très différente de celle de leurs adversaires de droite. Le cas de Kraus est évidemment tout à fait autre. Il constitue un des exemples les plus typiques d’appartenance au groupe des conservateurs de la valeur, qui se distingue de celui des intellectuels de gauche par le rejet de la croyance optimiste en la possibilité d’améliorer les choses, en empruntant le chemin de la modernité scientifique et technique. Et c’est aussi à cette catégorie, que l’on peut rattacher Wittgenstein.

Ce que von Wright appelle le conservatisme de la valeur n’implique évidemment pas nécessairement le conservatisme politique et social, et il ne se caractérise pas non plus par la volonté de conserver le système de valeurs en usage. Le conservatisme de Kraus est resté politiquement ambivalent et ce à quoi il s’opposait était moins un système de valeurs déterminé qu’un renversement désastreux qui a fini par mettre le fait au-dessus de la valeur en général. Ce que l’on peut reprocher au progrès est, dit-il, d’avoir mis les vivres (Lebensmittel) à la place des fins de la vie (Lebenszwecke) et la vie à la place des raisons de vivre. Le progrès vit pour manger, mais il peut aussi très bien mourir pour manger. Le progrès, selon Kraus, tend non seulement à remplacer l’essentiel par l’accessoire, mais il peut aussi parfaitement mettre en danger la vie elle-même. Il n’est donc pas question de contester que des progrès divers puissent et doivent être réalisés dans de nombreux domaines, mais plutôt, selon l’expression de von Wright, de « dissiper le brouillard qui plane sur la notion de progrès », de récuser la prétention qu’a le moyen lui-même de se transformer en un but, alors que le but supposé reste, pour l’essentiel, indéfini.

Même si son utilisation correspond indiscutablement dans leur cas à quelque chose de réel, l’application du terme « conservatisme » à des penseurs comme Kraus ou Wittgenstein soulève nombre de problèmes. Certains commentateurs ont défendu l’idée que l’attitude de Wittgenstein présentait toutes les caractéristiques du mode de pensée qu’on a l’habitude de désigner du nom de « conservatisme ». Mais, comme le remarque von Wright, « Wittgenstein était beaucoup plus désireux de combattre un climat d’opinion prédominant et de prendre ses distances avec lui que de travailler au rétablissement d’un climat qui était déjà en état de décomposition. En dépit de son pessimisme bien connu, il semble exagéré de dire que Wittgenstein ne croyait pas à une amélioration possible des choses. Ce qui est vrai, c’est qu’il ne croyait pas à une amélioration possible par une continuation de l’évolution dans la direction actuelle.

Le progrès comme forme de la civilisation contemporaine

Quand on considère le cas de Kraus, on se rend compte que ce qui l’exaspère est moins l’idée de progrès elle-même que les formes d’idolâtrie qu’elle suscite et l’espèce d’hystérie que déchaînent dans les journaux les performances de la technique ou la réalisation de prouesses comme la conquête du pôle Nord. L’idée de progrès a cessé, d’après lui, d’être une idée philosophique pour se transformer en un concept journalistique. « À chaque parasite de l’époque est resté, écrit-il, la fierté d’être un contemporain. C’est affaire d’idéalisme que de se consoler de la perte de l’ancien avec le fait que l’on peut contempler la bouche ouverte quelque chose de nouveau. » [5] On peut dire de Wittgenstein qu’il n’est pas du tout impressionné par la performance et le spectacle auxquels tend à se réduire aujourd’hui ce qu’on appelle le progrès. Il est intéressé par la technique, en tant que telle, mais il n’est pas un admirateur des prodiges qu’elle réalise et des bienfaits qu’elle est censée apporter à l’humanité. Et enfin il est opposé à l’idée, que Kraus qualifie de paranoïaque, d’une prise de possession et d’un assujettissement complets de la nature dans tous ses aspects, qui constitue, aux yeux de beaucoup de nos contemporains, le programme que l’être humain doit s’efforcer de réaliser et s’identifie, dans leur esprit, au progrès lui-même. L’attitude de conquérant et de propriétaire que l’homme d’aujourd’hui a adopté à l’égard de la nature ne lui inspire aucune sympathie. Wittgenstein semble faire partie de ceux qui pensent que le problème de ce qu’on appelle les dégâts du progrès ne sera pas résolu par des corrections mineures, mais par un changement d’attitude radical, dans la gestion des ressources naturelles et dans nos rapports avec la nature en général.

• Le « mythe moderne du progrès »

Ce qui fait l’objet de la critique de von Wright n’est évidemment pas le progrès lui-même, mais ce qu’il appelle « le mythe du progrès ». Il s’agit d’une croyance qui est une composante fondamentale de ce que l’on peut appeler la modernité. Le plus caractéristique dans la représentation que celle-ci avait de l’avenir de l’humanité était justement la croyance au progrès. « Le progrès comme quelque chose de naturel et nécessaire. C’est une nouvelle conception à l’intérieur de l’histoire des idées. Je lui donne le nom de « mythe moderne du progrès. » [6] C’est la conviction de la nécessité d’un progrès qui ne connaîtra pas de limites, et qui s’inscrit dans la nature de l’être humain, en tant qu’espèce. On peut alors se demander ssi l’idée d’un progrès illimité, comprise de cette façon, n’est pas susceptible d’entrer en contradiction avec celle d’espèce naturelle, qui inclut nécessairement la référence à un environnement et à des conditions de vie qui doivent rester, au moins jusqu’à un certain point, naturels et ne peuvent pas être transformés de n’importe quelle façon et sans aucune limite.

Nous sommes arrivés en effet, à un stade où l’on est obligé de se demander sérieusement si les exigences de la raison et celles des dispositifs qu’elle a créés n’ont pas commencé déjà à entrer en contradiction avec celles de la biologie de notre espèce. Comme le dit von Wright : « Une chose que la domination sur la nature peut entraîner est d’augmenter le bien-être matériel des hommes. Le développement industriel et technique en donne des preuves impressionnantes. Il ne s’agit pas d’autre chose que du fait qu’un bien-être matériel accru, un niveau de vie plus élevé, dans de nombreux cas – voire dans la plupart –, constitue le progrès dans l’acception réelle du mot, et est apprécié comme une amélioration réelle des conditions de vie. Mais il ne s’ensuit pas que cette appréciation reste valable quand la croissance dépasse un certain niveau, ou bien quand ses retentissements sur l’environnement ou l’ordre social doivent être pris en considération. »

Wittgenstein – on le sait – n’a jamais eu aucune inclination pour l’idée du progrès comme constituant une propriété constitutive et universelle de l’espèce humaine et l’a considérée, au contraire, comme n’étant rien de plus qu’une propriété formelle qui constitue la caractéristique dominante d’une forme d’humanité spécifique. Dans le projet de préface qu’il a rédigé en 1930 pour les Philosophische Bemerkungen, il écrit : « Notre civilisation est caractérisée par le mot « progrès ». Le progrès est sa forme. Ce n’est pas une de ses propriétés qu’elle progresse. Elle est typiquement constructive. Son activité consiste à édifier une construction toujours plus compliquée. » En d’autres termes, le fait de progresser n’est pas une propriété matérielle qui pourrait être attribuée à la civilisation dans laquelle nous vivons. Il est la forme sous laquelle elle appréhende tout ce qu’elle fait et, si l’on se demande ce que signifie ici progresser, la réponse est que progresser veut dire construire et construire de façon toujours plus compliquée.

Wittgenstein n’éprouvait aucune sympathie pour une civilisation dominée, au point où l’est la nôtre, par la rationalité scientifique et la dernière chose dont il se préoccupait était de lui fournir le genre de philosophie qui aurait été susceptible de correspondre à ses tendances profondes. Comme le dit von Wright : « La pensée que Wittgenstein appelle métaphysique est imprégnée par l’usage du langage et par les schémas de pensée d’une civilisation majoritairement scientifique. La métaphysique que Wittgenstein combat n’a donc pas ses racines dans la théologie, mais dans la science. Wittgenstein a dit une fois, en réponse à ce que cherchaient à faire des philosophes comme Carnap, qu’il n’était pas intéressé par l’idée de remplacer une métaphysique de philosophes par une métaphysique de physiciens. Et von Wright a raison de faire remarquer que Wittgenstein n’avait sûrement pas d’admiration pour la façon dont la science est pratiquée, en liaison avec l’industrie et parfois aussi avec la guerre.

Que peut-on faire aujourd’hui pour la cause du progrès ?

Jacques Bouveresse fait deux remarques. La première a trait à la question de savoir de quel nom on peut désigner la phase dans laquelle nous nous trouvons en ce moment. Vaut-il mieux parler de « postmodernité » ou, comme le propose von Wright, de « modernité tardive » ? Pour Bouveresse, le postmodernisme est une doctrine qui reste foncièrement optimiste et qui ne remet nullement en question la nécessité, sinon de progresser, du moins d’avancer. Il a même proposé une fois de le définir comme étant la conception selon laquelle on sait moins que jamais où l’on va, mais on sait en tout cas qu’il est important d’y aller le plus vite possible, ce qui ressemble beaucoup à ce qu’a fini justement par devenir l’impératif de la modernité lui-même. Von Wright note que : « Si la modernité tardive est en premier lieu une disposition sombre, la disposition du sous-courant qui s’appelle postmoderne est avant tout confiante dans l’avenir. Il voit la modernité comme quelque chose d’essentiellement passé et dépassé, et dans la postmodernité un commencement et une promesse de renouvellement de la culture et des schémas de vie. »

La seconde remarque concerne le genre de service que la critique du progrès peut rendre à la cause du progrès elle-même. Von Wright souligne qu’« abandonner la croyance au progrès comme une nécessité historique n’est pas la même chose que d’abandonner le travail pour le progrès comme une tâche ; mais cette tâche est aujourd’hui essentiellement critique. » La croyance au progrès, quand elle prend le caractère d’un mythe, est justement ce qui nous dispense la plupart du temps d’exiger et de réaliser des progrès réels. Celui qui sait une fois pour toutes qu’il vit sous le signe du progrès n’a pas à demander si l’on progresse et à vérifier qu’on le fait. Autrement dit, il n’y a rien de paradoxal dans le fait de considérer que la croyance au progrès, sous la forme de ce que von Wright appelle le « mythe moderne du progrès », pourrait bien être en train de se transformer en un des obstacles les plus sérieux qui s’opposent aujourd’hui au progrès.

[ *] Jacques Bouveresse « Le mythe du progrès selon Wittgenstein et von Wright », Mouvements 1/2002 (no19), p. 126-141.
http://www.cairn.info/revue-mouvements-2002-1-page-126.htm.
[1] G. H. von Wright, Le Mythe du progrès, traduit du suédois par Philippe Quesne, L’Arche Éditeur, 2000. Philosophe finlandais de réputation mondiale, mais malheureusement peu connu en France, né en 1916, von Wright, a été un élève et un ami de Wittgenstein avant de lui succéder en 1948, à l’âge de 32 ans, à sa chaire de philosophie à Cambridge. Les travaux de von Wright ont porté principalement sur la probabilité, la logique déontique, la théorie des valeurs, le problème de l’explication et de la compréhension et, plus récemment, la question du progrès et celle de l’avenir de la civilisation. Le Mythe du progrès réunit des essais qui ont été écrits dans les années 1987-1992.
[ 2] « Der Fortschritt », in K. Kraus, Schriften, Herausgegeben von Christian Wagenknecht, Suhrkamp Verlag, Frankfurt, 1987, Band 2, p. 197. Le texte est traduit en français par Yvan Kobry dans K. Kraus, La littérature démolie, précédé d’un essai d’Elias Canetti, Payot, Petite Bibliothèque Rivages, 1990.
[3] G. H. von Wright, Le Mythe du progrès ; voir aussi: J. Bouveresse, Schmock ou le triomphe du journaliste : la grande bataille de Karl Kraus, Éditions du Seuil, 2001.
[ 4] R. Musil, Essais, traduit de l’allemand par Philippe Jaccottet, Éditions du Seuil, 1978, p. 208.
[ 5] K. Kraus, « Die Entdeckung der Nordpol » [La découverte du pôle Nord], 1909, in K. Kraus, Schriften…, op. cit., p. 273; traduction française par Éliane Kaufholz-Messmer dans K. Kraus, Cette grande époque, précédé d’un essai de Walter Benjamin, Petite Bibliothèque Rivages, 1990. C’est à propos de cette « conquête » majeure, des intérêts qu’elle a mis en jeu, de la compétition à laquelle elle a donné lieu et de l’hystérie qu’elle a suscitée, que Kraus écrit : « Le progrès célèbre des victoires à la Pyrrhus sur la nature. Le progrès fait des porte-monnaie avec de la peau humaine », idem, p. 272.
[ 6] G. H. von Wright, Le Mythe du progrès, op. cit., p. 33.

Georges Vignaux

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A propos georgesvignaux

Directeur de recherche honoraire au Centre national de la recherche scientifique, Paris. Docteur d'Etat en linguistique et sciences cognitives (Paris7) Directeur de programmes en langage et cognition et nouvelles technologies de communication Chevalier dans l'Ordre national du Mérite

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