La pseudo-médecine a de beaux jours devant elle !

 

On est toujours en droit de se poser des questions sur un médicament ou une procédure médicale qui n’aurait pas été testée selon une procédure de validation objective. De récentes « affaires » ont montré la nécessité de la chose (implants mammaires, médiacaments coupe-faim). La plupart des thérapies « alternatives » (i.e. celles qui ne sont pas reconnues par la biomédecine scientifique) échappent souvent à ces tests de validation. [1]

On peut se demander pourquoi les mêmes consommateurs qui achètent un appareil ménager en ayant pris soin de lire la notice et les contrôles techniques, vont dans le même temps, par crédulité, payer pour des remèdes ou des thérapies non prouvées, voire même dangereuses.

La popularité des panacées charlatanesques ne semble pas avoir diminué. On peut s’étonner et se demander pourquoi les prétentions de leurs promoteurs demeurent si réfractaires aux données contraires. Si une thérapie « alternative » ou « complémentaire » :
• est improbable parce qu’ elle implique des mécanismes ou des effets en totale contradiction avec des lois, des principes ou des découvertes empiriques en physique, chimie ou biologie bien connus et établis,
• manque de motifs scientifiques,
• a des preuves insuffisantes provenant de recherches suffisamment contrôlées,
• a échoué lors d’études cliniques contrôlées réalisées par des évaluateurs impartiaux,
• semble être improbable, même pour le profane, rien que pour des raisons de « sens commun »,
pourquoi dans ces conditions, des gens suffisamment instruits continueraient-ils à vendre et à acheter de tels traitements ?

La réponse se trouve dans une combinaison faite des multiples et vigoureuses déclarations non prouvées des « guérisseurs » de la médecine alternative, du pauvre niveau de connaissance scientifique du public en général et de ce « besoin de croire » dominant chez ceux attirés par le mouvement antiscientiste.

Le succès de la médecine non scientifique est dans la continuité de cette « contre-culture » populaire dans les années 1960 et 1970. Les scories de la tendance du « retour à la nature » de cette époque survivent en tant que militantisme nostalgique pour un retour aux soins du style 19e siècle et une aversion vis-à-vis des traitements spécialisés, et technologiques de la maladie. De même, l’attirance des dogmes holistiques de la médecine alternative n’est qu’un descendant de cette fascination à l’égard du mysticisme oriental qui a émergé dans les années 60 et 70. La philosophie et la science, à la base de ces « enseignements » holistiques, restent attirantes pour ceux dévoués à la croyance de la guérison grâce au « pouvoir de l’esprit sur la matière », ou encore disciples de la santé uniquement due à la puissance de la nutrition (conçu comme l' »équilibre » du corps dans sa totalité).

Beaucoup de produits de santé pour le moins douteux, demeurent en vente libre principalement parce que des clients satisfaits proposent leur témoignage digne de foi. Ce qu’ils disent est pratiquement toujours la même chose :  » Je l’ai essayé et je vais mieux, donc c’est que cela doit être efficace. » Mais même quand les symptômes rendent compte d’une amélioration suite à un traitement, cela ne prouve pas que la thérapie en soit la cause.

La distinction maladie-affection
Les termes d’affection et de maladie sont souvent utilisés de façon interchangeable. Pour les besoins de l’explication nous distinguerons les deux. On utilisera maladie pour désigner un état pathologique de l’organisme dû à une infection, une dégénérescence tissulaire, un traumatisme, une exposition toxique, une cancérogenèse, etc. Par affection on comprendra les sentiments de malaise, de douleur, de confusion, de dysfonctionnement ou autres sujets de plaintes pouvant accompagner une maladie.

Notre réaction subjective aux sensations douloureuses que nous appelons symptômes est façonnée par des facteurs culturels et psychologiques tels que les croyances, les suggestions, l’espérance, les erreurs qu’on alimente soi-même. L’expérience de l’affection est aussi entachée (souvent inconsciemment) par toute une armée de règlements sociaux et psychologiques qui s’accumulent chez ceux considérés comme ayant le « rôle du malade » par les gardiens de la société (i.e. les professionnels de la santé). Chez certains individus, le statut privilégié et les avantages de l’état de malade suffisent à perpétuer l’expérience de la maladie après qu’elle ait disparu, ou même à créer les sensations de l’affection en l’absence de maladie.

C’est pourquoi les essais cliniques contrôlés, avec des mesures physiques objectives, sont essentiels pour évaluer une thérapie quelle qu’elle soit.

Corrélation n’est pas causalité
Mélanger corrélation et causalité est à la base de la plupart des superstitions et croyances, dont beaucoup dans le domaine de la médecine alternative. Nous avons une tendance naturelle à considérer que quand des choses surviennent ensemble, elles doivent être reliées par un phénomène de causalité, bien que manifestement elles ne le sont pas. Par exemple, il y a une forte corrélation entre la consommation de boissons allégées (« light », sans sucre) et l’obésité. Cela veut-il dire que les édulcorants artificiels sont la cause du surpoids ?

Les confirmations personnelles fournissent l’essentiel du soutien aux produits de santé peu orthodoxes, mais ils ne sont que de faible valeur à cause du fait qu’ils ne sont comparés à rien.

Dix erreurs et biais courants
La question est donc : pourquoi certains thérapeutes et leurs clients comptant sur des preuves anecdotiques et des observations erronées non contrôlées, concluent-ils que les thérapies inertes marchent ? On peut avancer à cela dix raisons principales :

La maladie peut avoir suivi son cours normal
Beaucoup de maladies s’estompent d’elles-mêmes : à condition que l’état ne soit pas chronique ou fatal, le processus de récupération du corps rétablit habituellement de lui-même la santé. Ainsi, avant qu’une thérapie soit reconnue comme curative, ses partisans doivent montrer que le nombre de patients ayant recouvré la santé est supérieur à la proportion attendue de rétablissements sans traitement du tout.

Beaucoup d’affections sont cycliquesL’arthrite, les scléroses multiples, les allergies et les désordres gastro-intestinaux sont des exemples d’affections qui normalement « ont des hauts et des bas ». Naturellement, ceux qui en souffrent tendent à rechercher une thérapie pendant la dépression du cycle. De cette manière, un traitement artificiel aura des opportunités de coïncider avec une amélioration qui de toute façon aurait sans doute eu lieu. Encore une fois, en l’absence de groupes de contrôle appropriés, les consommateurs et les promoteurs de ces pratiques ou produits seront enclins à mal interpréter une amélioration due au cycle normal de progression et de rémission de la maladie, et à valider cette thérapeutique en lui octroyant un effet qu’elle n’a pas.

La rémission spontanée
Les cas de guérisons rapportés anecdotiquement peuvent être dus à une rare mais possible « rémission spontanée ». Même pour le cas de cancers, qui sont quasiment toujours létaux, des tumeurs disparaissent occasionnellement sans traitement avancé. Les thérapies alternatives peuvent donc bénéficier de vertus imméritées suite à des rémissions de cette sorte parce que de nombreux patients désespérés se sont tournés vers elles sachant qu’ils n’avaient plus rien à perdre. Quand des thérapeutes « alternatifs » affirment avoir tiré de la mort des individus sans espoir, ils ne révèlent que rarement le pourcentage de clients concernés par ces exceptions.

Les mécanismes exacts responsables de la rémission spontanée ne sont pas encore très bien compris, mais des recherches sont en cours pour peut-être rattacher ce processus au système immunitaire. Le domaine relativement nouveau de la psycho-neuro-immunologie étudie comment des variables psychologiques peuvent affecter les systèmes nerveux, glandulaire et immunitaire de manière à toucher la susceptibilité de guérir de la maladie. Si les pensées, les émotions, les désirs, les croyances, etc. sont des états physiques du cerveau, il n’y a rien en soi de mystique dans la notion selon laquelle ces processus neuraux peuvent affecter les processus glandulaire, immunitaire ou cellulaire dans le corps. Via le système limbique du cerveau, l’axe pituitaire de l’hypothalamus et le système nerveux autonome, des variables psychologiques peuvent avoir des effets psychologiques étendus qui peuvent avoir des impacts positifs ou négatifs sur la santé.

L’effet placebo
Une des raisons majeures de la pseudo crédibilité des remèdes en toc vient des améliorations de l’état de santé dont l’omniprésent effet placebo est la cause. L’histoire de la médecine est pleine d’exemples qui, après coup, se sont révélés n’être que des procédures inefficaces après avoir été acceptées avec enthousiasme tout autant par les médecins que par les patients. De telles erreurs viennent de l’hypothèse fausse selon laquelle un changement dans les symptômes, après un traitement, doit avoir une raison spécifique. Grâce à une combinaison de suggestion, de croyance, de réinterprétation cognitive et de diversion de l’attention, les patients à qui ont été donnés des traitements inutiles peuvent parfois expérimenter un soulagement mesurable.

Entre autres choses, les placebos peuvent aider à la libération de la « morphine » du corps : les endorphines, qui soulagent de la douleur. C’est parce que ces réponses peuvent être palliatives, même si un traitement est physiologiquement sans rapport avec la source des maux, que les présumées thérapies doivent être testées contre placebo dans le cadre de tests en double (voire triple) aveugle où un groupe contrôle ne recevra que de fausses substances tandis que l’autre groupe recevra les substances prétendument curatives et actives.

La puissance de ce que les psychologues appellent les effets d’attente et d’acquiescement est telle, que les thérapeutes doivent travailler tout autant en aveugle que le groupe de patients. D’où le terme de « double aveugle », standard de la recherche. De telles précautions sont nécessaires parce qu’un simple signe, même involontaire, de la part des agents fournissant le traitement, suffirait à rendre caduques les résultats des tests. De la même manière, ceux qui estiment les effets du traitement doivent aussi travailler en aveugle.

C’est seulement quand des améliorations statistiquement significatives ont été observées chez le groupe ayant reçu le traitement actif, par rapport au deux autres groupes contrôles, que ce traitement peut légitimement revendiquer une quelconque efficacité.

Certains symptômes sont surtout psychosomatiques
Beaucoup de sujets de plaintes physiques peuvent provenir d’une angoisse psychosociale, et se voir soulagés par un peu d’aide, de soutien et de réconfort. Au premier coup d’oeil, ces symptômes (parfois nommés « psychosomatiques », « hystériques » ou « neurasthéniques ») sont semblables à ceux de syndromes médicaux reconnus.

Les guérisseurs « alternatifs » satisfont au désir de ces membres « soucieux » ou « inquiets », qui restent de manière erronée convaincus d’être malades. Leurs plaintes sont des exemples de cette tendance à exprimer une angoisse psychologique dans le langage des symptômes des maladies organiques. Les praticiens « alternatifs » proposent évidemment un réconfort à ces individus qui ont besoin que les autres croient qu’il existe de véritables causes organiques à leurs symptômes. Souvent à l’aide d’appareils pseudo-scientifiques de diagnostic, ces praticiens renforcent la conviction de celui qui somatise que le corps médical, avec « son coeur de pierre et son étroitesse d’esprit », est à la fois incompétent et injuste en refusant de reconnaître une réelle condition pathologique.

Une grande part des diagnostics de « fatigue chronique », « du syndrome de sensibilité environnementale » et de désordres variés dus au stress semblent être du ressort de la somatisation classique. Lorsqu’un thérapeute « parallèle » fournit le réconfort, ce sentiment d’appartenance et le soutien existentiel que recherchent ses clients, cela est évidemment profitable au patient. L’autre face de tout ceci est que satisfaire aux désirs de diagnostics médicaux pour des personnes se plaignant essentiellement de douleurs psychologiques promeut la pensée pseudoscientifique et magique tout en favorisant l’inflation de ces cas « traités » avec succès par les charlatans.

Le soulagement symptomatique contre la guérison
Une guérison rapide et directe représente ce que les gens malades désirent le plus. Un grand nombre de traitements prétendument curatifs donnés par les pseudo-médecins, bien que n’affectant pas le processus de la maladie elle-même, la rend parfois plus supportable, mais pour des raisons psychologiques. La douleur en est un exemple. Les recherches établissent que la douleur est en partie une sensation comme celle de voir ou entendre et est partiellement une émotion. Il a été montré que réduire avec succès le composant émotionnel de la douleur rend la partie sensorielle étonnamment tolérable.

Ainsi, la souffrance peut souvent être réduite par des moyens psychologiques, même si la pathologie sous-jacente reste intacte. Tout ce qui peut apaiser l’anxiété, rediriger l’attention, réduire l’excitation, développer un sentiment de contrôle ou mener à une réinterprétation cognitive des symptômes, peut soulager le composant de souffrance de la douleur. Les services palliatifs modernes utilisent ces stratégies tous les jours

Beaucoup de praticiens de médecines alternatives délimitent leurs champs de compétence
Dans leur tentative pour toucher une plus large clientèle possible, les guérisseurs parallèles se considèrent d’abord comme « complémentaires » plutôt que « alternatifs ». Au lieu de s’occuper principalement de ceux à qui on a dit que la médecine conventionnelle ne pouvait plus rien, les pseudo thérapeutes ont commencé à annoncer qu’ils pouvaient améliorer les traitements biomédicaux conventionnels. Ils acceptent le fait que les médecins puissent soulager des symptômes spécifiques, mais affirment que la médecine alternative soigne les causes réelles de la maladie, dues selon eux soit à une diététique rompant « l’équilibre » ou à des sensibilités liées à l’environnement, à des champs énergétiques rompus ou bloqués voire même à des conflits, issus d’incarnations antérieures, non résolus. Si l’amélioration vient de la délivrance combinée de traitements « complémentaires » et scientifiquement prouvés, le charlatan praticien fera la part belle à ses pratiques fumeuses plutôt qu’aux autres.

L’erreur de diagnostic (par soi-même ou par un médecin)
Dans cette époque d’obsession médiatique pour la santé, beaucoup de gens peuvent être conduits à croire qu’ils sont touchés par une maladie qu’ils n’ont pas. Et quand ces personnes en bonne santé se voient répondre par leur médecin qu’ils n’ont aucun signe organique de maladie, ils tendent à se tourner vers les praticiens alternatifs qui peuvent toujours leurs trouver quelque « déséquilibre » à traiter. Si une « guérison » s’en suit, un nouvel adepte convaincu est né.

Bien entendu, les médecins scientifiquement formés ne sont pas infaillibles, et une erreur de diagnostic, suivie d’un petit voyage dans un lieu de pèlerinage ou chez un pseudo thérapeute, suffisent à faire un témoin brillant de la guérison d’une maladie grave qui n’a jamais existé. D’autres fois, le diagnostic peut être correct mais le temps restant à vivre, très difficile à évaluer, peut s’avérer imprécis et faux. Si un patient en phase terminale passant par des traitements alternatifs décède finalement plus tard que ce qu’avaient prédit les médecins, la procédure alternative peut se voir auréolée d’un crédit qu’elle ne mérite pas, étant donné que la cause ne vient que d’un pronostic trop pessimiste de la situation, ou bien que le patient ait anormalement survécu à la maladie, comme c’est parfois le cas.

Les avantages dérivés
Les pseudo thérapeutes sont souvent des personnages énergiques et charismatiques. Dans la mesure où des patients sont attirés par le côté plutôt messianique de la médecine alternative, une amélioration psychologique devrait s’ensuivre. Si un guérisseur enthousiaste et optimiste parvient à faire changer l’humeur et l’espérance du patient, cet optimisme vaudra tous les traitements scientifiques qu’il ou elle pourrait recevoir. Cette attitude expectative peut motiver les gens à manger et à dormir mieux, à faire plus d’exercice et à plus de sociabilité. Ces derniers, d’eux-mêmes, peuvent accélérer une guérison naturelle.
Enlever ce fardeau peut donc accélérer la guérison, même s’il ne s’agit pas de l’effet spécifique attendu de la thérapie.

L’altération psychologique de la réalité
L’altération de la réalité au service d’une croyance solide est un fait que l’on retrouve souvent. Même s’ils n’en tirent aucune amélioration objective, les fervents défenseurs de la médecine alternative, qui sont lourdement investis psychologiquement dans cette voie, peuvent se convaincre eux-mêmes d’avoir été aidés. Selon la théorie de la dissonance cognitive (Festinger 1957) [2], lorsqu’une expérience contredit une attitude, un engagement, des sentiments ou une connaissance existants et durables, une détresse mentale s’ensuit. Nous tendons à alléger cette source de discorde en réinterprétant (en déformant) l’information gênante. Ne pas se voir guéri, soulagé, après avoir consacré beaucoup de temps, d’argent à un traitement alternatif (et peut-être même à la vision du monde sous-jacente) créera un tel état de dissonance. Parce que cela sera trop déconcertant d’admettre, à soi-même ou à d’autres, que tout ceci n’était que gaspillage, une forte pression psychologique fera en sorte de trouver une contrepartie valable dans le traitement.

Le sentiment illusoire que les symptômes de quelqu’un se sont améliorés peut aussi être dû aux caractéristiques soi-disant trouvées lors du diagnostic. Dans toutes les sociétés, il existe la « norme de réciprocité », une règle implicite qui oblige les gens à répondre aimablement quand quelqu’un leur fait bonne impression. Les thérapeutes, pour la plupart, croient sincèrement qu’ils aident leurs patients et c’est tout naturellement que les patients veulent leur faire plaisir en retour. Sans que les patients ne le réalisent nécessairement, de telles obligations suffisent à gonfler leur perception du bénéfice reçu.

Ainsi, une surveillance de ces effets de soumission doit être réalisée lors d’essais cliniques appropriés.

En fait, distinguer les relations causales des fausses relations ne nécessite pas seulement des observations contrôlées, mais aussi des abstractions systématiques d’un corps de données important. Les psychologues qui se sont intéressés aux biais de jugement, ont identifié plusieurs sources d’erreur tourmentant les gens qui comptent sur les processus informatifs dans le but d’analyser des évènements complexes. Des psychosociologues ont montré, en utilisant des exemples d’une autre pseudoscience populaire, la graphologie, que sans aide statistique sophistiquée, les capacités cognitives humaines ne sont pas capables d’extraire des relations valides de la masse de données interagissant.

Pour toutes les raisons présentées ci-dessus, les témoignages individuels ne peuvent pas compter pour autre chose que ce qu’il sont : des anecdotes, des histoires, et ne peuvent représenter qu’une part infime dans l’évaluation des thérapies. Parce que trop d’erreurs peuvent conduire quelqu’un d’honnête à être convaincu qu’une guérison a bien eu lieu quand ce n’est pas le cas, il est essentiel, pour les traitements présumés, d’être testés sous conditions faisant la part des réponses placebo, des effets de complaisance et des erreurs de jugement.

Avant que qui que ce soit accepte toute sorte de traitement, il ou elle devrait s’assurer que celui-ci a bien été validé dans des conditions appropriées lors d’essais cliniques. Tout praticien qui n’est pas en mesure de présenter ces faits reste évidemment suspect. Le patient se doit de rester prudent si au lieu de cela, le praticien charlatan ne possède, comme preuve de l’efficacité de sa thérapie, que des témoignages, des brochures ou des livres publiés par lui-même voire des articles de la presse populaire.

Certaines revues prennent l’apparence de magazines scientifiques pour mieux tromper le public, derrière lesquelles se cachent des partisans des pseudosciences qui, avec cette façade, tentent de faire bonne figure, la question est donc : qui publie cette revue ? A-t-elle des intérêts personnels dans l’affaire ? Et enfin, parce que n’importe quel simple résultat positif peut n’être qu’un coup du hasard, même fruit d’une expérience réalisée prudemment et publiée dans un journal réputé, celle-ci doit pouvoir être reproduite n’importe où et par n’importe quelle équipe de recherche.

Si le praticien est incapable de donner une raison scientifique raisonnable pour sa ou ses méthodes tout en promettant des résultats supérieurs à ceux de la médecine conventionnelle, il y a de fortes chances pour que vous soyez face à un charlatan. Si en plus celui-ci fait appel à d’autres chemins de la connaissance, à d’autres « degrés », à de mystérieux « plans », « énergies », « forces » ou « vibrations », vous êtes fait ! Enfin, si ce dernier vous déclare qu’il faut traiter d’abord la personne dans son ensemble et non pas la maladie en tant que telle, rangez votre portefeuille et sauvez-vous !

Le faux espoir supplante facilement le sens commun ; dans cet état de vulnérabilité, avoir du « nez » est beaucoup plus difficile, et plus facile à dire qu’à faire, tant sont nombreux ceux qui succombent aux sirènes de la pseudo-médecine. Ainsi, des patients assommés par la maladie, portent aux nues les déclarations des guérisseurs adeptes de la médecine parallèle, avec moins de preuves qu’ils en auraient exigé de la part d’un vendeur de véhicules d’occasion.

[1] Cf. Barry Beyerstein, http://www.charlatans.info/camarche6.shtml
[2] Leon, Katz, Daniel Festinger, Les méthodes de recherche dans les sciences sociales, tomes I et II, Paris, PUF, 1959.

Georges Vignaux, 2012

Publicités
Ce contenu a été publié dans Uncategorized par georgesvignaux. Mettez-le en favori avec son permalien.

A propos georgesvignaux

Directeur de recherche honoraire au Centre national de la recherche scientifique, Paris. Docteur d'Etat en linguistique et sciences cognitives (Paris7) Directeur de programmes en langage et cognition et nouvelles technologies de communication Chevalier dans l'Ordre national du Mérite

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s